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ADAM (Juliette).

A propos de L’Enterrement d’une étoile et de Victor Hugo.

Lettre manuscrite autographe signée sur papier à en-tête de La Nouvelle revue, adressée au journaliste Émile Berr, 2 pp. (13,5/21 cm). « Paris, le 23 avril, Mon cher Berr, je publie dans le numéro 1er mai une nouvelle admirable d’Alphonse Daudet : L’Enterrement d’une étoile, puis un non moins beau prologue de A. Vaquerie Warwick cher Louis XI, inédit prologue de la nouvelle édition de Formosa. Comme les droits de reproduction sont interdits, je vous prie de n’en pas publier d’extraits, mais vous me feriez grand plaisir en en parlant mercredi dans la XX des lettres. Je vous parlerai, pour l’autre numéro de la revue, de la publication inédite que je fais de pages superbes de Victor Hugo. Mille sympathies, Juliette Adam. » On joint un mot manuscrit inscrit sur une carte de visite à l’encre noire (6,8/10,5 cm). « [Madame Adam (Juliette Lamber)] recevra de quatre à sept heures dimanche du sept mai au dix huit juin à cinq heures : ‘causerie’. De cinq à six heures les portes seront fermées dans le « salon où l’on cause ».

ADAM (Paul).

Candidature.

Lettre manuscrite a. s., certainement adressée à Émile Berr, écrite à l’encre violette sur double page de papier à lettre (12/18,4 cm). « Mon cher ami, Si le Figaro n’a envoyé personne à Stockholm pour l’exposition, je serai fort désireux de faire à cette occasion un grand reportage sur les pays du Nord. A cette exposition tous les types de la Finlande, de la Norvège, ceux de la Prusse Septentrionale , du Danemark et de la Prusse Occidentale de trouveront réunis. On peut voir Copenhague, Elseneur et la Baltique, donner un aperçu des civilisations développées là, de l’effort industriel, de la puissance des races, du conflit des marines et des états et, peut-être, faire quelques affaires de publicité. Vous paraît-il possible de parler de cela à notre directeur. J’ai fait ainsi au Journal, des reportages sur l’Espagne, qui eurent beaucoup de succès, et cela s’accommoderait peut-être mieux que le plan d’un de mes romans, aux convoitises de vos lecteurs. Bien ferveusement à vous, Paul Adam, Mercredi. »

ADAM (Paul).

Remerciements.

Lettre manuscrite autographe signée, vraisemblablement adressée au journaliste Émile Berr, 1 p. (13,8/13,8 cm). « Dimanche, Mon cher ami, vous êtes tout à fait aimable d’avoir pensé à m’envoyer les pages de Cosmopolis qui m’ont fait un extrême plaisir. Je vous remercie de cœur. A vous, Paul Adam. »

ADAM (Paul).

Vue de la guerre.

Manuscrit autographe intégral titré au début et signé à la fin, 7 ff. paginés remplis au recto, dont 1 découpé et recollé. Nombreuses ratures et corrections. (21/29 cm chaque) « Enturbanné de gazes sanglantes et piqueté de taches pourpres sur les épaules, l’aviateur allemand mince, morne, dans sa tunique réséda, se laisse conduire. Deux réservistes moustachus, pansus, l’amènent, bayonnette (sic) au canon, par le faubourg tumultueux de la ville flamande, où les femmes aux corsages clairs, les cyclistes alertes, les boutiquiers accourus se précipitent, s’appellent, se montrent l’ennemi chétif. Tout à l’heure il survolait l’église. Les mitrailleurs l’ont atteint. Il a dû descendre et s’affaisser parmi les ailes rompues de son appareil. Le vautour à terre est traîné vers la citadelle entre les rangs de la cohue, plus curieuse que malveillante. Très loin, l’orage de la canonnade gronde sans émouvoir ces français accortes, ces français gouailleurs. Ils continuent de vendre, d’acheter, de flâner, de prendre aux cantines des feuilles de nouvelles, de s’assembler autour des soldats contant leurs aventures. Sur une place, le spahi soudanais dompte, les maxillaires serrés, un cheval trop fringant. Poudreuses, les motocyclettes militaires arrivent à grand bruit entre les tramways combles. Dans les cafés, lieutenants et capitaines écrivent. A mesure que l’on monte vers la haute ville, plus de soldats se pressent dans les rues de briques. Chasseurs bleus et goguenards, fantassins d’écarlate et d’azur, anglais cossus et athlétiques en draps verdâtres, marocains vêtus de jaune avec de singuliers turbans dont une bande couvre la nuque, et sous le petit béret à rubans, highlanders, les genoux nus, en kilt masqués par un tablier brun, tout le monde mange, boit, rit, fume, au seuil des tavernes, des maisons. Tout le monde s’interpelle en français, en anglais, en arabe. Bientôt les groupes deviennent foules, que divisent les prolonges et les fourragères, que contournent les automobiles d’officiers. Plus haut, ce sont des colonnes au repos derrière les faisceaux, autour des cantines. Les États-majors causent à l’écart. Tels Anglais attribuent le succès des Allemands aux hécatombes de leurs troupes. Les Civilisés épargnent davantage leurs bataillons : l’avenir, déjà, qui eut raison… Voici la bannière. Les compagnies marocaines en ligne s’allongent par la campagne d’XX, derrière des meules rousses, vers les bois bleuâtres. Sur leurs trépieds, les mitrailleuses tendent, hors des tranchées, leurs canons brillants. Aquilins et sveltes, les hommes, quelques-uns debout, la plupart vautrés, guettent. De quelle chaouïa arrivent ces Sémites carthaginois ou arabes, ces berbères en larges baies de toile, en dolmans jaunes, ces petits-fils des Hamilcars, des Mohammeds, des Jugurthas ? Au milieu de la riche terre des Flandres, ils apparaissent comme les types d’une image d’autrefois, choisie dans la collection d’un fermier-général orientaliste. Reconnaissants d’avoir été, par nos armes, délivrés de la tyrannie féodale que leur imposaient les caïds, ils viennent ici combattre, pour le génie de la Méditerranée, contre la barbarie des Baltiques. Au-delà, rien que le silence ; des hommes attentifs des hommes attentifs ; et là-bas, ce grondement interrompu, repris, de la canonnade. Brusquement, dans le torpédo surgis, deux allemands captifs, deux lieutenants boueux, ioniques, les mains emmaillotées, avec quelques-uns des nôtres, christs mourants qui caressent leurs plaies dans la capote bleue. Et quand ils ont franchi nos avant-postes, la huée de la ville monte à la face des prisonniers barbares, massacreurs de femmes et d’enfants. Cela se passe au soleil d’août, vers la fin de l’après-midi. Notre moteur maintenant retentit sur une route désertée, qu’ombragent des platanes et des ormes épanouis. On nous a dit de revenir très vite si nous apercevions de ces XX téméraires, qui s’avancent loin de leurs infanteries. Et nous essayons de les discerner entre les barrages qui, ornent partout si royalement cet espace de cultures rectilignes. Mille dômes d’or sur la terre que l’ennemi convoite. Il en a chassé les quatre familles assises en un immense chariot au milieu de leurs paquets, de leurs ustensiles, de portraits chers. La bataille s’étant reprochée de leur bourg il fallait évacuer, en moins d’une heure, pour éviter les supplices et les exécutions que les Barbares prodiguent à la plus certaine innocence. Point de larmes ni de lamentations. Plutôt de la bonne humeur, et la certitude qu’avant peu la victoire nous couronnera. Chacun semble content d’avoir sacrifié sa maison à l’honneur de la patrie. Les jeunes filles et les enfants sourient à nos modestes cadeaux et les reçoivent de bonne grâce. Même cette veuve qui, dans la petite voiture de son XX, trottinant, pousse un peu de linge, des casseroles, les images des parents défunts, le crucifix de cuivre avec le coquillage du bénitier. De grosses femmes en sueur, ses fil adolescents qui plient sous le faix, décrivent sans geindre, leur infortune. C’est du provisoire. Ils rentreront chez eux, derrière notre sûre victoire. Des âmes sans pareilles. Plus avant nous rencontrons l’avant-garde à cheval d’un train d’artillerie. Il vient au ravitaillement des munitions. Bien qu’elles soient rouges par places, les toiles de leurs civières, repliées sur les caissons gris, tous ces hommes sortent calmes et fiers du combat. Un lignard hâlé, intelligent, le nez écarlate, nous conte qu’ils répondent au feu de l’ennemi depuis cinq jours et quatre nuits, sans repos ni trêve. Mais ça va : ‘On les a contenus.’ Des batteries prussiennes furent anéanties en grand nombre. Le peloton cycliste accepte nos cigarettes et nos tablettes de chocolat. Ces Nantais ont beaucoup connu de la bataille. Ils déclarent l’ennemi fixé en bien des points. L’un extrait de sa musette un tesson d’acier XX et bleu, fragment ramassé de l’obus qui a coupé la jambe d’un camarade. Ils ne s’en montrent pas moins de gais fatalistes, des XX lurons. A les en croire il paraît impossible que ces multitudes allemandes ne se désagrègent pas tout à l’heure. Leurs soldats ne sont redoutables qu’en masses, sous le revolver des lieutenants. Or ces masses s’allongent, se divisent, perdent, chaque jour de leur cohésion, de leurs cadres, de leurs artilleries. Notre canon les fauche par mille et mille. Nos élans à la baïonnette les épouvantent et laisse de la terreur dans l’âme des survivants, de leurs voisins. S’ils n’avaient su multiplier cette accumulation scientifique de leurs nombres pour déborder sans cesse à notre gauche, ils étaient déjà perdus. Ils le seront. Leur effort titanique s’épuise. L’intelligence et la foi illuminent les yeux de nos amis instantanés. Dans leurs charrettes, les blessés eux-mêmes témoignent de cette confiance. Il n’importe guère que l’éclat d’obus ait déchiré de haut en bas ce pantalon garance, puis la jambe à cette heure méticuleusement bandée, ni qu’une explosion ait noirci ce visage contusionné où deux yeux effrayants persistent et visent dans un masque de boursouflure noirâtre, ni que les balles aient couché ces dormeurs fiévreux sur la paille des chariots successifs, avec la tête dans les bras bleus, les jambes écarlates ballant aux cahots. Ce qui seulement importe pour eux, pour les autres, c’est l’espoir de la chance finale. Une paysanne à tignasse grise se précipite au-devant de l’automobile : ‘Y-a-t-il un médecin parmi vous ?’ Cinquante mètres plus bas un fantassin souffre sur une table où on le déshabille. Quand nous arrivons il achève de mourir, stoïque. Derrière un char de blessés, l’un tire par la bride, le cheval bien sellé, harnaché, du capitaine qui succomba. L’épée pend derrière l’arçon. Au soir, le vent qui se lève emporte et dissipe l’orage de la canonnade par-delà les campagnes riches en moissons. Les lièvres courent, s’arrêtent, écoutent. Les perdrix rappellent. Paul Adam. »

AJALBERT (Jean).

Corrections.

Lettre manuscrite sur carte-télégramme bleue adressée à Émile Berr au Figaro, 1 p. (11/12,5 cm). « Mon cher confrère, En corrigeant les épreuves de notre ‘Mistral’, j’aperçois une coquille énorme : tribunal au lieu de brume, au 4ème feuillet, IIème ligne de l’épreuve que je vous ai remise. Voudrez-vous remplacer tribunal par brume. Il n’y a pas d’autre chose à revoir. Avec cent remerciements par avance, croyez à mes sentiments dévoués. »

BACHARDY (Don), (Christopher ISHERWOOD).

Correspondance avec Michel Bulteau.

4 lettres manuscrites autographes signées adressées à Michel Bulteau, relatives à la traduction des œuvres de Christopher Isherwood en français, écrites au verso de photographies ou cartes postales de tableaux du peintre (portraits de Christopher Isherwood, dont il fut le compagnon de 1953 jusqu’à son décès en 1986). Extraits : « Dear Michel, I am pleased to hear from you. I remember you and Virginie very well. You both drank blood orange juice at my house; I’m pleased that you want to translate ‘An approach to Vedanta’. Since Chris never took money for his vedantic writings but gave all proceeds to the Vedanta Society, you should write to the society for permission. (…) The second volume of Chris, this one a memoir, is being published in July by Chatto & Windus in London and by Harper & Collins in the U. S. in August. » 14 juillet 2000 : « Dear Michel, The Gore Vidal book in which there’s a character based on Danny Fonts is a ‘A Thirsty Evil’, a book composed of three (I think) long short stories. I don’t know of any letters between Fonts and Christopher. Please let me know what you think of volume II. Best regards, Don. » 15 août 2002 : « Dear Michel Bulteau, ‘The Canyon’ is not a thick book, but all of C. I. ‘s books were moved to the Huntington Library more than two years ago. All of his papers (manuscripts, correspondence, diaries, movie scripts and plays, etc.) are at the library now. I f you write to Allen Jutri or Sue Honson, a Xerox copy will be done for you, but it will cost something. (…). Intéressant ensemble. Bon état.

BAUËR (Henri).

A propos d’un texte écrit sur Émile Zola.

Lettre manuscrite a. s. écrite à l’encre noire sur une double feuille de papier à lettre bleue, 2 pp. (14/21,5 cm). « Cher et vieil ami, Je suis très sensible à la pensée fidèle qui se marque par l’envoi de votre Zola. J’ai pris à sa lecture un extrême plaisir. C’est une œuvre d’impartialité, de justice, d’information sûre et en même temps d’excellente critique. Elle forme un pendant au monument que votre culte affectueux a élevé à Verlaine. Dans ces deux livres vous parlez de moi avec une indulgente sympathie. J’en suis très heureux et fier. Le temps mesure les hommes : c’est pourquoi après vingt-huit ans de camaraderie et de labeur presque commun, à travers des désaccords momentanés, des différences d’opinions et des sentiments pareils sur le fond, nous nous retrouvons absolument rejoints par XX de notre travail mutuel et une grande amitié. Aussi je vous souhaite du fond du cœur la santé, le bonheur, la joie et la durée ; je vous prie de présenter mes vœux à votre femme. Henry Bauër. Gustave Kahn m’a écrit, trop tard héla ! pour m’inviter à seconder (dans ma chronique hebdomadaire au supplément littéraire de L’Action) la proposition de XX pour votre fils. XX la lettre ne devait arriver vingt-quatre heures après la remise de ma chronique. Dites le bien à votre fils avec lequel je sympathise en tous points. » Bon état.

BERGERAT (Émile).

Reproches.

Carte-télégramme manuscrite signée adressée au journaliste Émile Berr au Figaro (13,1/7,5 cm). « 19 mai 95, Mon cher Berr, Ma lettre est partie hier soir et j’ai reçu la vôtre ce matin. S’il n’y a pas ‘l’animosité’ que vous dite, pourquoi donc mon nom n’est-il même pas prononcé dans la note de ce matin ? Elle était là, la preuve, la bonne preuve !! Celle qui démontre. Mille amitiés : volées, Émile Bergerat. »

BROOKS (Ernie).

Lettre manuscrite à Michel Bulteau.

Lettre manuscrite autographe signée, écrite à l’encre bleue et adressée à Michel Bulteau avec la maquette d’une proposition musicale pour Rinçures, un disque de poésies accompagné de claviers, basses et guitares. (Fractal Records, 2000, voir le n° 119). « Dear Michel, as usual, it was hard to reach you so I’m sending you the cassette of the D. A. T. we edited. It’s not perfect but it’s definitively usable so I hope you can generate some interest from it. I’ll be in the States from mid-august till ? If you need to reach me there, try 203 9X6 9XX2 or 201 2X2 0X94. I hope you’re in Italy and inspired. (As some-one said) your friend in the art. Ernie. » Bon état.

Ernie Brooks a également été le bassiste du groupe The Modern Lovers de 1971 à 1974.

BRUNETIÈRE (Fernand).

Propositions.

2 lettres manuscrites autographes signées, vraisemblablement adressées à Émile Berr du Figaro, 1 p. chaque, sur feuilles à entête de la Revue des Deux mondes. « Paris, le 24 Janvier 1896, Cher Monsieur, J’aurai dans le prochain numéro XX* des choses très intéressantes, je le crois, pour le Figaro, mais l’auteur tiendrait, et moi aussi, qu’au cas où il vous conviendrait d’en faire un extrait dans le Figaro du 31 janvier, 24 heures avant la Presse, cet extrait fut en bonne place. Bien à vous, F. Brunetière. » « Paris, le 10 Juin 1896, Mon cher confrère, Dans sa livraison du 15 Juin la Revue publiera la suite de l’étude de Mr Etienne Lamy sur Le Quatre septembre. Il s’y trouve un très beau portrait de Jules Simon ante mortem, d’une ressemblance entière, et si je ne me trompe, d’une remarquable finesse de touche. Voulez-vous que je vous l’envoie pour le publier dans le Figaro de samedi matin, qui sera sans doute le jour des obsèques de XX *. S’il vous plait, et croyez-moi votre bien dévoué F. Brunetière. »

CAROLUS-DURAN (Charles Auguste Émile Durand, dit).

Défection.

Lettre manuscrite autographe signée certainement adressée à Émile Berr du Figaro, 1 p. écrite à l’encre violette. « Paris, ce 24 janvier 97. Mon cher ami, Je viens de recevoir une aimable invitation du Figaro pour l’annonce du 2 Février. J’aurais été heureux de m’y rendre, mais partant ce jour-là pour ma solitude de St Aigulf au bord de la Méditerranée, il m’est impossible d’y assister. Je tiens à vous remercier et à vous dire mes regrets. Bien sincèrement à vous, Carolus-Duran. »

COPPÉE (François).

Démenti.

Lettre manuscrite a. s., 1 p. écrite à l’encre noire sur papier à lettre (11,4/18 cm). « Vendredi. Mon cher ami, voici une lettre que nous avons reçu à l’Académie. Notre secrétaire perpétuel me l’a montrée prudemment, et j’ai cru pouvoir lui dire qu’elle n’était pas de vous, n’ayant pas reconnu votre écriture. Je vous renvoie cette lettre, à titre de renseignement. Votre vieux camarade, François Coppée. »

COURTELINE (Georges).

Défection à un spectacle.

Lettre manuscrite autographe signée, 1 p., vraisemblablement adressée au journaliste Émile Berr du Figaro à propos d’un spectacle donné par son frère George berr. « Mon cher confrère, Si nous avons disparu si vite de la soirée de samedi, c’est que Mme Berty relevait de coucher, qu’elle s’était levée pour venir jouer, et que, naturellement, je tenais beaucoup à ce qu’elle ne regagne pas son lit à une heure trop tardive. Pour mon compte, j’ai fort regretté de n’avoir pu rester jusqu’à la fin, car j’aurais voulu applaudir la petite comédie de votre frère, qui est un peu mon ami. Il paraît qu’elle est charmante. Tous mes compliments à l’auteur . Mr de Bodrys n’avait pas à nous remercier, quelle plaisanterie ! Le Figaro étant une maison d’artiste, est par conséquent une maison amie. Mme Berty se nomme Suzanne ; M. Gémier se nomme Firmin. Bien à vous G. Courteline. La Peur des coups est éditée chez Charpentier. »

CURTIS (Jean-Louis).

Correspondance adressée à Michel Bulteau.

17 cartes de visites et cartes postales manuscrites, datées de 1988 à 1993, relatives à des travaux d’édition en revue ou en volumes. Extraits : « Je vous remercie, Monsieur de m’avoir envoyé votre recueil ‘Khôl’. J’ai apprécié le raffinement et l’harmonie de ces beaux poèmes. » A propos de Présence de Paul-Jean Toulet : « Tous les textes, le vôtre notamment, sont de premier ordre. Je suis heureux de voir placer si haut, par d’excellents juges, un poète et un écrivain que j’aime depuis longtemps, et qui aura peut-être enfin, grâce à eux, la célébrité dont son œuvre n’avait pas encore bénéficié. » Juillet 89 : « Je travaille avec peine au roman et j’ai hâte d’arriver à la fin, où il se passera des choses un peu divertissantes (assassinat, suicide…) qui seront peut-être un plaisir à écrire. » Décembre 93 : « Il y a bien longtemps que nous ne nous sommes pas vus. La dernière fois, j’étais dans un état moral assez piteux, dont j’ai honte, rétrospectivement, de vous avoir entretenu, car on ne devrait pas accabler ses amis avec le récit de ses misères. (…) » Bon état.

DAUDET (Alphonse).

A propos de Baptiste Bonnet.

Lettre manuscrite a. s. adressée à Émile Berr, s. d., 1 p. (15,7/9,8 cm). « Cher Monsieur, Je vous renvoie les épreuves de Baptiste Bonnet ; j’ai fait à l’en-tête deux ou trois petits ajouts, il ne m’a pas paru utile d’en dire plus long. Voyez du reste, et faites à votre idée. Je vous remercie de n’avoir pas oublié sur les marches ce joli tableau d’un noël paysan. Alph. Daudet. »

Les œuvres de Baptiste Bonnet, auteur provençal, furent traduites en français par Daudet.

DAUDET (Ernest).

Corrections pour une nouvelle.

Lettre manuscrite a. s. adressée à Émile Berr. 1 p. sur papier vert d’eau (11,3/17,6 cm). « Cher ami, Rien de plus simple que d’alléger ma nouvelle. Je vous la donnerai en allant au journal et je ferai les coupures séance tenante. Cordialement à vous, Ernest Daudet, 5 mai. »

DETAILLE (Edmond).

A propos du Musée de la guerre des Invalides.

Lettre manuscrite autographe signée, vraisemblablement adressée à Émile Berr du Figaro, 2 pp. écrites à l’encre noire. « Cher confrère, J’ai lu dans le Figaro le bel article que vous avez consacré au Musée militaire et vous adresse tous mes remerciements en même temps que mes sincères félicitations pour la façon si nette et si juste dont vous avez rendu notre XX *. Pardonnez-moi cette expression ambitieuse, mais je vous assure qu’elle est sincère. Le général XX, après avoir lu l’article m’a envoyé un télégramme pour me dire combien il était ravi ! L’affaire a été confiée par le ministre à un officier très peu cocardier qui n’a rien compris au but du musée et qui a conclu d’une façon peu favorable. L’idée n’a pas été enterrée, loin de là : mais on nous offre un local modeste dans les combles, aux Invalides, et pas un centime ! J’irai directement et out droit au ministre : votre article va faire du bruit et soutenir l’idée. Merci encore cher Monsieur, et croyez à mes sentiments de cordialité. Edmond Detaille. »

DUPRÉ (Guy).

6 lettres manuscrites adressées à Michel Bulteau.

3 lettres et 3 cartes postales, datées 1988, relatives à des prises de rendez-vous et à la publication de textes dans la Nouvelle revue de Paris.

FEYDEAU (Georges).

Inquiétudes.

Lettre manuscrite a. s. à un destinataire inconnu, 1 p. pliée en 3, remplie au recto, un peu déchirée (11,4/18 cm). « Il ne m’est pas possible de fournir aucun compte. Je ne peux même pas indiquer les mois et les années. Je n’ai pas besoin de te recommander d’agir avec la plus grande circonspection possible. Tâche que la chose ne s’ébruite pas, qu’elle ne fasse pas de scandale. Enfin, viens me voir le plus tôt que tu pourras. Tu me feras un grand plaisir si tu peux m’amener ton ami le directeur des XX du passage de l’opéra. Je te serre la main d’amitié. G. Feydeau. »

FUENTES (Natasha).

Photographies, textes, dessins et correspondances (2 courtes nouvelles, études, projets traductions, lettres).

• Robin Hood, nouvelle inédite en anglais. 1 p. A4 dactylographiée. • Peacock’s Journey into Daphne, nouvelle inédite en anglais, 4 pp. A4 dactylographiées. • Statue of a Black King, dessin à l’encre avec commentaires manuscrits. • The family was living itself perfectly…, texte inédit en anglais, 3 ff. photocopiés. • Beatrix, portrait of a young prostitute, 5 ff. arrachés d’un carnet à spirales. • 5 lettres manuscrites à Michel Bulteau. • Leila’s Papers, 2 fragments manuscrits sur bristols pour ce film de Michel Bulteau réalisé en 1991. (Natasha Fuentes y interprète le rôle de Leila.) • 3 portraits-photo en studio, tirages Fujifilm Pictropaper couleurs 13/21 cm, photographe non identifié. • 2 photo-collages photocopiés. • The Touch of your lips upon my brow, fragment, 10 ff. photocopiés.

Fille de l’écrivain mexicain Carlos Fuentes, Natasha Fuentes est morte en 2005 à l’âge de 31 ans.

FUNCK-BRENTANO (Frantz).

Remerciements.

Lettre manuscrite autographe signée adressée à Émile Berr du Figaro, 1 p. écrite à l’encre noire sur papier à entête du de la Bibliothèque de l’Arsenal, datée du 26 mars 1895. « Monsieur, C’est vous sans doute, qui, en l’absence de M Périvier fait passer mon article sur les Lettres de cachet en blanc. Je vous en remercie. Est-ce aussi vous que je dois remercier du changement fait au début et du charmant trait qui y a été piqué. La prochaine fois que j’irai au Figaro, je prierai M Périvier de vouloir bien me faire faire votre connaissance et vous prie, d’ici là, de vouloir bien agréer l’expression de mes sentiments les plus distingués. Frantz Funck-Brentano. » Feuille un peu froissée.

GUILLAUME (Albert).

Remerciements et regrets.

2 Cartes de visite manuscrites autographes signées adressées à Émile Berr du Figaro. « Trois citations à l’ordre du jour et signées Émile Berr, c’est plus qu’il n’en faut pour rendre heureux (Albert Guillaume) et reconnaissant votre ami. Bravo et merci pour le complet pudique de la fin. C’est gentil d’avoir pensé au tourniquet. » 2ème lettre sur une carte verte illustrée d’une vignette, légendée Les Petits Ponts, Fontaine par Senlis, Oise. Adressée à Émile Berr du Figaro. « Lundi 26 sbre 12. Mon cher ami je suis encore campagnard jusqu’à fin novembre et j’aurai le chagrin de pouvoir être des vôtres avant décembre ! Ne comptez pas sur moi pour le 7 sbre. Avec tous mes regrets et mes meilleures amitiés. A. Guillaume. »

HALÉVY (Ludovic).

Réponse à une invitation.

Lettre manuscrite autographe signée, 1 p. écrite à l’encre noire sur papier à entête de Haute-Maison, Sucy-en-Brie (S & O). « Cher ami, Je suis à la campagne et votre petit bleu d’hier (ayant voyagé par la rue de Douai) m’arrive aujourd’hui à Sucy. Cela vous explique mon absence et je ne puis vous envoyer que mes remerciements pour votre aimable invitation, et mes regrets et mes bien vives amitiés. Ludovic Halévy, mardi 24 sept 93. »

HELL (Richard).

Lettres et documents envoyés à Michel Bulteau entre 1999 et 2002.

IX-99, carte postale manuscrite envoyée de New York : « I hope September works out. I’m working frantically, getting out the new C42 book and Sheelagh and I are going for a two weeks getaway road trip (to console us for losing France). I can’t wait to see the Mississipi from behind a steering wheel again. I wish you get emails. Where’s Theresa ? (Theresa Stern, pseudonyme utilisé par Richard Hell et Tom Verlaine en 1973 pour Wanna go out ?, un recueil de poésies). 9-VII-99, lettre tapuscrite signée (1 p.), abordant la traduction et la publication en France de ce livre en édition bilingue (titre français : On décolle ?, traduit par Michel Bulteau, Anna Polèrica Éditions, 1999) : « I hear you’ve agreed totranslate Theresa Stern’s ‘Wanna Go Out ?’ I’m happy to hear that. Incidentally, when Raymond Foye saw your POEMES among my books, he rhapsodized over your accomplishments, and an endorsement from Raymond is a meaningful thing… I also hear you asked about my novel so I’m sending it here. The French translation rights have been bought by Editions d’Olivier, though I don’t know yet who they have in mind to translate it. » (Voir L’Oeil du lézard, Éditions de l’Olivier, 1996.) 11-VIII-99 : « (…) Thanks for your note. It looks like ‘Wanna go out’ is definite. I do wish we could speech a few days (or even one !) talking about it, but I’ll try to organize the things I’d like to tell you about certain difficult lines. When are you planning to be working on the translation ? » 13-XI-99, après un passage à Paris : « (…) In fact Paris made me so happy it had an effect I’d never known before. The happiness was so strong and genuine that It even made me like New York more ! I’m not ridding or being ironic or sarcastic. I just felt so refreshed by my time in Paris that everything in life seems better for it. (…) I’m going to do a book by Ron Padgett in the CUZ series. It’s called ‘Poems I think I wrote.’ » I-00 : What the hell is with Anna Polèrica ? Do you think they have lost their minds ? I did get the ten more books but they will not communicate with me. I don’t understand it at all. I could help them get the book distributed in the U.S. but they refuse to reply to me. I miss Paris. It will be the big sadness of my life if I don’t live there. » 27-II-02, mail imprimé : « This file is the text of three poems I used in video ‘poemokes’ (poem karaokes). They’re compilations of images with a musical soundtrack (by me and my band The Dime Stars, which includes Thurston Moore and Steve Shelley of Sonic Youth) that have the words of these poems scrolling at the bottom of the screen as in a karaoke. If Michel has the time and the inclination to translate these, I’d like to screen these videos with Michel reading into a microphone his French translations. » 16-III-04, court mail imprimé : « My beautiful old friend Lizzie, who was more or less the model for Chrissa in ‘Go Now’- and a picture of whom lying in bed smoking a cigarette with her pants half off can be seen in ‘Hot and Cold’ - is dying of cancer. I’ll be staying at the Hotel I like, the Baudin, in Bastille. » 3-I-05, lettre tapuscrite (2 pp.) : « Here you have the galley proofs I just received from the publisher of my new novel, ‘Godlike’. I am fixing punctuation or changing a word or just making a pest of myself on about every other page of it still, but these proofs are a fair representation of the book. (…) I’m working pretty hard and that’s all I’m aware of. The political situation is horrendous of course and makes for a steady underlying anxiety, but it’s so bad that it’s at that point where resistance seems almost purposeless. We just wait it out. In the beginning I was marching and writing letters and contributing money to activist organizations, but not lately. » On joint un faire-part du mariage de Richard Hell avec Bevan, et une photo couleurs. Bon état.

HOUVILLE (Gérard d’, pseudonyme de Marie de Régnier).

Les Arbres.

Manuscrit autographe intégral d’un superbe texte rédigé en prose, titré au début et signé à la fin, 12 ff. inscrits au recto à l’encre noire, arrachés d’un bloc d’un cahier et paginés en haut à droite (18/23,2 cm). « Les Arbres. J’ai sur ma table un petit livre qui s’appelle ‘Aimons les arbres’. C’est un recueil de morceaux choisis à l’usage de la jeunesse des enfants que Monsieur Louis Piérard a publié avec une fort belle préface de Verhaeren. Ce livre est destiné à apprendre aux enfants à aimer et admirer la nature, à chérir, à respecter les plantes, les fleurs et les arbres. Or combien de grandes personnes XX ! à combien d’impitoyables coupeurs de futaies ne pourrait-on pas l’adresser ! Je doute cependant qu’il intéresse ceux-là qui n’aiment pas déjà les ombrages, les frondaisons mouvantes et profondes, les feuillages amis ; ce livre ne les convertira pas tous et sera peut-être repoussé par eux, cependant que tous ceux-là qui n’auraient pas eu besoin de lui pour comprendre la beauté des chênes, des châtaigniers, des ormeaux ou des sycomores liront et reliront avec le plus vif plaisir les pages de vers ou de prose sur lesquelles semble se balancer l’ombre imaginaire et changeante d’un bienveillant rameau. Nous trouvons dans ce petit livre tour à tour de belles phrases nourries et rythmée de M. Barrès, des stances pompeuses et mélancoliques de M. Moréas, le beau sonnet de J. M. de Heredia ‘Le Dieu Hêtre’ et des vers de Vigny, de Verhaeren, d’Hugo, de Mikhaël, de Verlaine et de Lamartine, du vieux et cher Ronsard, de Du Bellay, de Signoret et d’Henri de Régnier sans oublier ce murmurant et triste long poème de Dierx ‘Les Filaos’. Nous y trouvons des fragments de prose de Jules Renard et de Lamartine, de Chateaubriand et de Ch. Maurras, de Michelet et de Maeterlinck, de Mme de Sévigné et de Colette Willy, de Taine et de Marcel Boulanger, de P. Loti et de J. L. Vaudoyer. On le voit ce petit bouquin est d’un éclectisme qui ne le rend que plus varié et plus agréable à lire. Je regrette néanmoins qu’à côté du Faune mort de Gilbert de Voisins on n’ait pas ajouté la description du grand cèdre que l’on trouve dans son dernier roman, ce ‘Bar de la Fourche’ si farouchement, si simplement horrible et beau. Je regrette aussi que l’on n’ait pas cité quelques pages d’Henri de Régnier sur Versailles à l’automne ‘la Semaine des arbres’ et enfin que Monsieur Piérard, duquel nous lisons au cours de ce volume, des lignes touchantes ou utiles n’ait pas eu l’idée de nous donner la triple description de la forêt de Fontainebleau faite par Taine dans le cours de sa correspondance, par Flaubert dans l’Éducation sentimentale, par Goncourt dans Manette Salomon. Enfin, puisque nous trouvons quelques pages de XXX, pourquoi ne pas nous offrir aussi cette étonnante description de l’allée de chênes de Cedric de Motherwood dont Walter Scott au commencement d’Ivanhoé étend la splendeur sombre, mystérieuse et touffue, et sous l’épaisseur secrète et verdoyante de laquelle les songes adolescents ont si souvent erré ? Et il doit y avoir encore bien d’autres descriptions végétales et forestières que je ne connais pas ou desquelles en cet instant je ne me souviens pas. Elles pourraient composer un second volume de cette anthologie, et on pourrait peut-être plus tard en faire une nouvelle et grande édition, illustrée par des reproductions de tous ces tableaux célèbres dont les personnage s sont des arbres plus ou moins illustres, toujours beaux. Dans notre mémoire fidèle ne gardons-nous pas avec le souvenir de nos amitiés les plus chers, celui des beaux paysages, des fleurs délicieuses, des nobles arbres que nous avons vus, admirés, aimés ? Le foisonnement des hauts peupliers bordant un canal monotone ne s’est-il pas mêlé à quelque douce ou mélancolique rêverie, ou à quelque causerie lente et mesurée comme cette eau longée d’un pas égal ? Quand nous retrouvons au fond de nous cette heure lointaine, la couleur du ciel et son reflet dans le canal étroit et la silhouette des peupliers et leur bruissant murmure y sont liés indissociablement. Aussi, tout au long de notre vie, le souvenir des êtres, des évènements, heureux, familiers ou tristes est pour toujours étroitement mêlé à celui des lieux où nous avons passé ou vécu, des jardins et des demeures que nous avons habitées, des sites que nous avons traversés et qui nous ont ému autant que certains visages vivants ou que certains tableaux immortels. Quand nous songeons à nos voyages, ne repensons-nous pas autant qu’aux monuments, aux palais, aux statues, aux fresques, aux trésors divers des villes et des musées, à certains aspects de la nature qui se sont alors pour toujours imprimés en nous ? Grandes landes bretonnes Hauts pins maritimes, dressant sur le ciel et sur la mer votre stature robuste à la cime élargie, vous êtes pour toujours dans ma mémoire et vous marquez les étapes de mes rêves unis et fleuris d’enfant comme vous marquiez celles de la longue promenade à travers les landes bretonnes… Beaux bois de Douarnenez, si profonds et si verts, descendez-vous toujours de branches en branches jusqu’à la baie courbe harmonieuse de la mer paisible ? Vallées de Penmarc’h, a-t-on respecté vos séculaires ombrages sous lesquels s’abritait le granit gris des croix ? Au fond du plus lointain de mes souvenances enfantines, quelques vieux arbres étendent leurs rameaux divers : c’était dans le grand jardin d’une vieille maison quelconque louée pour l’été. Ces trois arbres m’enivraient. Il y avait d’abord un sophora dont les branches retombaient jusqu’à terre, formant ainsi une sorte de tonnelle naturelle sous laquelle je passais de longs moments comme dans une petite maison verte, une cabane sauvage, et où l’on imaginait sans efforts les plus belles aventures. L’autre était un catalpa : ses larges feuilles me plaisaient et surtout son tronc sonore ; le troisième était un sycomore admirable, dont la robe d’automne fut vraiment royale et dont je ramassais les feuilles tombées pour faire des bouquets éclatants. Un immense chêne de la forêt de Marly, si vénérable, si noueux, au tronc colossal et couvert de mousse, et sous lequel on nous mena quelque fois goûter, partage avec ces arbres mes premières prédilections. A chaque fois que je relis ou me répète cette phrase des ‘Caprices de Marianne’ : ‘ A dieu les longs soupers à l’ombre des forêts…’ je pense au chêne de la forêt de Marly, à la mousse veloutée, aux flancs enflés du panier rempli de choses succulentes, à tout ce qui paraît meilleur, plus étonnant et plus savoureux parce que l’on est petit. Et je pense à vous chaque fois que ma pensée vagabonde à travers mes anciens voyages, citronniers de Capri luisants et parfumés, oliviers de Tivoli qui cachez dans vos tenues des sylvains tourmentés et de souples dryades, et à mes cyprès séculaires de la villa d’Este et du jardin Giusti, aigus comme des dagues noires, à vous cyprès des cimetières turcs, cyprès d’Eyoub et de Scutari, effilés comme de longs pinceaux, prêts à tracer des épitaphes. Je pense aux ‘chênes vivants’ de la Nouvelle Orléans, aux chevelures des longues mousses s’emmêlant aux lianes et aux branches dans ses humides forêts, à vous platanes démesurés qui dans Brousse la sainte abritez les mosquées turbes, à vous grands camélias du cimetière anglais de XX, qui effeuillez sur les tombes vos fleurs blanches et framboisées et qui mêlez ainsi toujours dans votre longue offrande funéraire les couleurs des fruits et du lait. Je revois le pin solitaire qui domine un vieux mur romain qui s’écroule de son orgueil tenace ; je revois les rouvres admirables de la villa Lante, qui sont groupés à l’entrée du parc comme les arbres des tableaux de Watteau. Bouleaux d’argent qui frémissez dans les clairières d’un bois dont je ne sais plus le lieu, charmes au nom charmant, tilleuls aux graines ailées, robustes châtaigniers de France, vous vous mêlez dans mes songes aux feuillages des pays étrangers et vous composez ainsi une forêt profonde, imaginaire et variée qui hantent au lieu de biches, d’écureuils et de petits lapins, des rêves et des souvenirs sans nombre. Tous les printemps de Paris sont marqués par la floraison du magnolia des Champs-Élysées et des petits arbres de Judée, avenue du Bois ; et il y a aussi le marronnier du vingt mars, mais je lui préfère celui, si vieux, qui abrite aux Tuileries un banc près du premier bassin ; j’aime aussi les arbres de la terrasse au bord de l’eau lorsqu’ils reverdissent : les premières feuilles sont si pâles, si pâles sur leurs troncs si noirs ! D’ailleurs j’aime les arbres de Paris, les vieux beaux arbres qui longent par endroits la Seine près du Louvre, autant que les maigres peupliers de banlieue du côté de Boulogne-Billancourt. A Venise, une glycine qui penche, une branche qui dépasse un mur, prend aussi encore plus que dans n’importe quelle ville, cet aspect à la fois chétif et précieux, évocateur des frères heureux et robustes vivant dans les bois, les prés et les forêts. Oui j’aime aussi les arbres des villes ; ils ne me font pas oublier certes, les vieux hêtres de ce bois sacré de la Sainte Beaune, ni les ormeaux auxquels se suspend la vigne italienne, ni ces beaux arbres dont la forme et la stature dessinées sur quelque soleil couchant au hasard d’une promenade dans la campagne, revivent en nous avec leur dessin exact, noir ou pourpre, ben que nous n’ayons pas même eu le temps de reconnaître leur espèce et de leur donner un nom. Mais il y a à Paris des arbres qu’on aime parce qu’on les a toujours vus, parce qu’ils ont des airs d’exilés. N’aimez-vous pas le vieux cèdre du Jardin des Plantes ? Il me fait penser à pareils qui vivent dans une abbaye très aimée comme des moines verts et gris ; celui du jardin des Plantes est toujours rempli de pigeons ; leurs plumes et leurs duvets volent dans les branches qu’emplit un roucoulement innombrable… et l’on pense que Chateaubriand La sénilité robuste du vieux cèdre s’accommode d’abriter ces tendresses ailées… et l’on songe que Chateaubriand s’est peut-être assis sur ce banc à côté d’Hortense Allart, et qu’ils ont écouté à l’ombre des mêmes branches, d’autres ramiers. Tous les automnes, nous allons, n’est-ce pas à Versailles en pèlerinage, voir les arbres en habits de cour ? C’est une journée éblouissante, une journée à laquelle d’avance, nous pensons, car nous sommes de ceux-là qui aiment les arbres. Au début de l’anthologie dont je vous parlais plus haut, on lit ceci, signé de M. Barrès : ‘ L’humanité s’est beaucoup privée en ne croyant pas les plantes susceptibles d’affection. Il fallait nous faire à leur endroit l’illusion que nous nous nous sommes composée sur les bêtes…’ Et il rapporte ensuite l’anecdote de Xerxès, chargeant un bel arbre de bracelets et de colliers… Combien M. Barrès a raison ! Il faut non seulement aimer les arbres, mais croire qu’ils nous aiment. Je crois cela depuis que je suis enfant. Je sais que je suis aimée par les fleurs autant que je les aime. Elles se fanent moins vite dans mes mains ou à ma ceinture qu’au corsage de mes amies ; mes bouquets ne veulent pas mourir. Et je garde longuement des fleurs qui, chez une autre, étant l’objet des mêmes soins, prolongeraient moins leur vie. Quand j’étais petite je nouais mes bras autour du tronc des arbres qui me plaisaient et j’appuyais ma joue sur la rude écorce, m’imaginant que j’entendais battre leur cœur. Oui je veux croire qu’entre les êtres et les plantes, l’humanité et les choses, il y a un secret échange de tendresse ou d’hostilité inexprimée, de même qu’il peut aussi y avoir de l’hostilité. Aimons les arbres ; et souhaitons que plus tard, sur nos tombeaux muets, nos tombeaux immobiles, s’éternise, protectrice et mouvante, l’ombre d’un arbre, rempli d’oiseaux. Gérard d’Houville. » Bon état général.

KAHN (Gustave).

A propos d’une préface.

Lettre manuscrite a. s. adressée à Émile Berr, s. d. 1 p. (17/12,7 cm). « Cher monsieur, Je vous envoie ci-joint la copie de la préface de mon roman selon votre sommation d’hier. Encore une fois merci de votre amical accueil et bien à vous. Gustave Kahn. »

KAPROW (Allan).

Remerciements.

Lettre tapuscrite datée 8 avril 1971 sur papier avion bleuté adressée à l'éditeur Raphaël Sorin à l’entête du California Institute of the Arts de Burbanks. Remerciements pour son appel lors de sa visite à San Francisco. Issu des séminaires de John Cage, Allan Kaprow a été à l'origine des premiers Happenings, ou Action theaters à partir de 1959. Bon état.

KORINE (Harmony).

Correspondance d’édition à propos d’un projet de publication en français du premier livre d’Hamony Korine chez Hachette Littératures : A Crack-up at the Race Riots.

Dossier contenant 7 fax et 7 mails imprimés sur feuilles A4. 1er fax (de Michel Bulteau), 20-VIII-00 : « Dear Harmony Korine, The fact is I wanted to publish a translation of ‘A Crack-up at the Race Riots’. Because, since three months, I’m the editor, at Hachette Littératures, responsible of all the novels department. But I’ve learned – the day you suddenly left Paris – I was at the gallery near after your leaving – Impossible to talk with you about the project. Jonas Mekas, who was there, told me “what a pity !” – Anyway, the gallery staff insisted they’ve just sold the rights of your novel to a small press in Marseille. Why not ? In this town, they cut off the right leg of Arthur Rimbaud. But that’s one of my regret. Not the Rimbaud’s leg but the escape of ‘A Crack-up’. I hope hearing of you. » 25-VIII-00, réponse par mail : « i am finishing a new book very much different than my last. also i have one here that is strange that i have been finished. with that i have not let any one read. i want to put this one out on a smaller publisher, than Doubleday because the structure and content is more extreme. perhaps you can tell me more about what you do. 29-VIII-00, fax : Dear Harmony, Thanks for your quick and precise answer. Can you send me a copy of this new book (the very strange one) – ‘structure and content more extreme’ sounds interesting to me. Mail it at my personal address. » 6-X-00, mail : « tell me your publishing companies name. and tell me what exactly you would like to do with this unconventional novel of mine. also can you specify the amount of books you would plan on printing up, i know its hard for you to say without reading it, but just give me an estimate of the largest possible printing, also how much money would you give to me for the rights ? also it must first be printed in english. im sorry to ask you these questions, its just my memory is bad (…). » 7-X-00, fax : « Dear H. K., I change the covers. I don’t want photos. I want types, words and color. I didn’t recei-ve anything from you. Remember ‘The Job’ (by W. S. B) was first published in Paris (and naturally in French) in 1969 and only seven years later – enlarged, right – by Grove Press. To hear from you. » 28-X-00, mail : « ok let me start putting it together for completion. send me your address please. also it would be nice if perhaps you could send me one or two of the books you’ve previously published, just so i can get a sense of what they look like. if things look and gell well then i don’t see why we cant put my new book together in fine fashion. » 28-X-00, mail, object : ‘Books from Hachette and my pulsating cock in someones arse hole as I wait on you to finish !’ : « i am eagerly anticipating your translation. i have a brand new beautiful cover designed especially for this translation of yours. send anything to my address. » Sans date, fax : « Dear Harmony, No news from you since… a long time. Do you abandon the project of sending me a manuscript ? Have you finished your new book ? The translation of ‘A Crack-up’, still not appeared in France. I’m gonna send you a new and complete translation of ‘Tarantula’ by Bob Dylan. » 26-IV-01, mail : sorry about the manuscript delay. i guess no one told you that my house and all my belongings including art and writings were destroyed in the fire. i have also been getting my new film together. but I do want to do the book still. whats the hold up with ‘crackup at the race riots’ translation ? » Sans date, fax : « I hope you received Tarantula’s copy. Anyway, let’s try to have the book, against the fire, against the water, the snakes and the tigers. With God on our sides. Michel. » Le projet a finalement été abandonné. Aucune publication des œuvres d’Harmony Korine ne semble avoir abouti en France. Ensemble froissé.

LEIRIS (Michel).

Carte manuscrite autographe signée.

Datée du 22 avril 1976. « Chers amis, contrairement à ce que je vous ai dit hier, je ne pourrai pas venir ce soir à la projection des films. Je le regrette beaucoup, croyez-le bien ! Mais vous trouverez ici ce que je vous avais promis. Bien cordialement à vous, Michel Leiris. » Bon état.

LEMAIRE (Madeleine).

Restauration d’un portrait.

Lettre manuscrite a. s. adressée à une dame, 3 pp. écrites à l’encre noire sur double feuille de papier à lettre (11,2/18 cm). « Château de Réveillon, Marne, Madame, Certainement je n’ai pas oublié votre mari et votre famille, qui avait été une des premières à m’encourager dans ma peinture. Je me rappelle votre mère, si charmante et vous-même, sainte jeune fille. L’accident arrivé au portrait de madame votre mère est sans doute très réparable et dans ce cas assez fréquent j’’ai toujours confié les tableaux détériorés à Mr Mary, mon marchand de toiles et de couleurs, qui est un homme soigneux et adroit qui habite 26 rue Chaptal, au rez de chaussée. Vous n’avez qu’à aller le trouver de ma part et il vous fera certainement très bien cette restauration . Si un petit raccord était nécessaire, je vous le ferais volontiers et je reverrais avec plaisir cette œuvre de ma jeunesse. Croyez, Madame, à mon meilleure souvenir. Madeleine Lemaire. »

LEMAIRE (Madeleine).

Un délai.

Lettre manuscrite a. s., destinataire inconnu, 3 pp. écrites à l’encre noire sur double feuille de papier à lettre (11,4/17,8 cm). « Vendredi, Monsieur, Depuis que j’ai reçu votre visite j’ai beaucoup travaillé et cependant j’ai bien peur de n’avoir pas fini pour dimanche. J’ai mis plusieurs aquarelles contraires et je préfèrerais ne vous les montrer que terminées. Pouvez-vous me donner encore deux ou trois jours ? Je pense avoir fini jeudi prochain. Si vous voulez bien remettre votre visite à ce jour ou au dimanche suivant (si vous n’êtes libre que ce jour-là), je vous en serais très reconnaissante. Si au contraire vous êtes assez aimable pour venir me voir quand même, vous me trouverez toujours, même le jour de Noël, ce qui m’arrangerait encore mieux que le dimanche que vous m’avez fixé parce que cela me donnerait toujours un jour de plus. Si par hasard vous teniez à avoir votre aquarelle pour la fin de l’année, veuillez m’écrire un mot et je m’arrangerai pour en terminer une. Mais je tiens à ce que vous soyez content et je travaille avec le plus grand soin dans ce but. Veuillez donc, Monsieur, excuser ce nouveau retard, qui sera le dernier et croyez à mes sentiments de considération distingués. Madeleine Lemaire. »

(Le Soleil Noir), DI DIO (François).

2 lettres manuscrites à Michel Bulteau.

La 1ère (carte postale, 1991) à propos de Mort d’un rebelle : « You little bastard, j’aime beaucoup ton ‘Rebelle,’ Michel, qui fait couler le sang de la jeunesse sur un miroir sans tain. A toi, François Di Dio. » Seconde lettre : « 2 juillet 95, Mon cher Michel, Reçu ‘Poet’s Life 1’ en Corse, dans mon maquis essentiel. Lu ton recueil comme une lettre attendue, espérée d’un ami, longtemps silencieux – et mon silence aussi. Nous ne sommes jamais plus présents l’un l’autre que dans la distance secrète d’un silence fraternel quand on sait le fil d’Ariane qui nous relie et qui nous fait sortir des labyrinthes d’acier. A l’affut, comme toi, du ‘mince filet d’espoir où tremper le museau’, s’il existait, cela suffirait à notre soif. Mais nous sommes submergés, engloutis dans un ‘fango’ plus écœurant encore que du temps de James Joyce. Avec un royal dédain tu tournes le dos au paysage de la terre – présente – dévastée au propre et au figuré. (…) A toi, Michel, avec mon amitié. » Bon état.

MAQUET (Auguste).

Recommandation pour une servante.

Lettre manuscrite a. s. sur papier au chiffre, adressée à une inconnue, 3 pp. (11,4/17,8 cm). « Ste Mesme, 13 novbre, Madame, la cuisinière aimée Chepreaux a servi, en effet chez moi du 2 février 1882 au 9 novbre dernier. Elle m’a soigné avec zèle dans une sérieuse maladie ; elle fait une cuisine très suffisante, elle ne manque ni de propreté, ni d’une certaine économie et je n’aurais que du bien à dire d’elle, si, depuis un an et demi, son caractère déjà difficile ne s’était aigri jusqu’à causer dans ma maison du trouble et même des orages. Son humeur inquiète et sa langue dangereuse l’avaient brouillée avec mes plus anciens et éprouvés serviteurs, c’était la guerre en permanence. Elle ne rêvait que de sorties, dévotions (je ne l’en blâme pas) mais aussi confréries, conciliabules ; son jugement s’altérait ; partout des complots, des persécutions … une noire manie. Mon service en souffrait trop, j’ai dû me séparer d’elle. Peut-être chez vous , madame, à Paris qu’elle aime passionnément, se trouvera-t-elle plus calme et réussira-t-elle à vous satisfaire. Je le souhaite et vous prie, Madame, d’agréer l’assurance de mes sentiments distingués. A. Maquet. » Restaurations avec bandes de scotch aux plis.

MARDRUS (Joseph-Charles).

Remerciements.

Mot manuscrit a. s. inscrit sur une carte de visite du traducteur des Mille et Une Nuits (de la Faculté de Paris, Ancien Externe des Hôpitaux). « Soyez remercié, cher Monsieur Berr, de toute ma ferveur, pour votre si fidèle sympathie intellectuelle et votre vision sur l’œuvre qui a eu la bonne fortune de vous plaire. Et permettez-moi, à ma prochaine arrivée à Paris, de vous remercier autrement que par l’artifice ici scriptural. Votre tout acquis, J. C. Mardrus. »

MEKAS (Jonas).

Lettres à Michel Bulteau.

Dossier contenant 3 lettres, dont 1 tapuscrite signée, datée du 25.VIII.76 à l’entête des Anthology Film Archives de New York (1 p.). Le cineaste recommande son destinataire : « I heard Bulteau’s name first from Gregory Corso. He told me that if there is one important new poet in France, that poet is Michel Bulteau. Later I had an occasion to actually read his poetry, and I had to agree with Corso. Bulteau’s film work is unique in France today. He is working in the direction paved before by Kenneth Anger, Stan Brakhage and Cocteau. His work is personal, original, containing great promiss. » S’y ajoutent 2 lettres manuscrites, datées IX-91 et I-99, (1 p. chaque). La dernière évoque la publication d’un livre en français et ses préparatifs, ponctuée d’allusions à George, John et Yoko : « (…) Look through the manuscript and see if there is anything in it for the Paris/France reader. Any good suggestions that would make it better for the French addition, will be happily accepted. I am a very agreeable author. By the way : I have many more pictures I took of George, Yoko and John. I am very curious to hear your reactions to the manuscript. For your curiosity, I am enclosing the Japanese and Lithuanian editions of the book. Why there is no English edition, you may ask. The reason is that Yoko Ono, for some personal reasons, do not want some parts of her letters to me published in USA. But she has no objections to publish it in other languages. Jonas. » Bon état.

MELCHIOR DE VOGÜÉ (Eugène).

Précisions.

Lettre manuscrite autographe signée sur papier télégramme bleu adressée à Émile Berr du Figaro, 1895, 1 p. « Cher Monsieur, Prenez ‘Regards historiques et littéraires’, page 29, ligne 14, à partir de : « Méthodes d’enseignement et de guerre, … » jusqu’à la fin du paragraphe. Bien à vous, E. Melchior de Vogüé. »

MENDÈS (Catulle).

Épreuves.

Lettre manuscrite a. s. sur papier à lettre, 2 pp. (11/17,5 cm). « Mon cher confrère, il m’est tout à fait indispensable (car il s’agit d’un XX technique) de revoir les épreuves de ma XX. Voulez-vous être assez aimable pour les faire donner ou porter. Je vous les renverrai . Merci, Catulle Mendès. » Bon état.

MILES (Barry).

Correspondance avec Michel Bulteau.

8 lettres tapuscrites signées datés 1995-1998 et envoyées de Londres. Mettant la dernière main à son livre Many Years from Now sur Paul McCartney, dont il présente le contenu à son destinataire, Barry Miles répond à une invitation à publier un court livre sur Jack Kerouac, William Burroughs et Allen Ginsberg aux Éditions du Rocher : « I am very interested in your proposal. I think it’s a great idea. The advance sounds okay : 10 000 f on signature and 10 000 f on delivery. » Puis, à propos d’un voyage à Kansas City, où il a rendu visite à Burroughs : « I had four days in Lawrence and saw Bill every day, sometimes having breakfast with him. He is in great shape considering he is 82. He still takes 60 mg of methadone a day – a lethal dose for anyone else – smokes a huge amount of pot and begins drinking vodka and coke at 3.30. He seems happy, relaxed and content. » Co-créateur de la galerie Indica à Londres en 1965 (où Yoko Ono rencontre John Lennon en 1966) et soutien actif du magazine I. T. (International Times), Barry Miles a aussi dirigé l’éphémère label Zapple Records en 1969 et publié de nombreux livres sur la musique et la poésie, dont Beat Hotel en 2001 ou London Calling en 2010. Bon état.

NOEL (Bernard).

Correspondance avec Michel Bulteau.

14 lettres et cartes postales manuscrites rédigées entre juillet 1973 et mars 1998. La première fait référence à Sang de satin, recueil de Michel Bulteau publié en 1972 : « De plus en plus beau et étonnamment classique. A croire que toi seul as raison qui élèves la modernité pour l’amener au centre où elle s’équilibre. Un seul regret : que ‘Sang de satin’ soit mince. Mais vive l’éclair. » Les deux suivantes évoquent l’écrivain britannique Frederick Rolfe, alias Baron Corvo, auquel Michel Bulteau a consacré une biographie en 1990 : « Deux ou trois études (…), j’aimerais qu’il y en ait une de vous, et deux confiées par vous. Ou traduites. Cela ne pourra paraître qu’à l’automne. Votre désir d’un face à face Mondrian/Mapplethorpe me plaît. » Avril 92 : « Récemment j’ai lu tes deux livres à propos de James Dean et de Corvo : j’y aime ta façon d’aller par éclats, qui au lieu de disperser, cristallisent , en multipliant l’intensité des reflets, de telle sorte que la perfection se trouve sans cesse portée au centre d’un prisme d’où elle est voyante, et non simple spectatrice. (…) Je traiterais volontiers ces deux livres de ‘romans’, aussi je me demande ce qu’est le roman que tu viens de terminer ? Et à qui vas-tu le donner. » Décembre 93 : « La lecture de tes poèmes délie par la conscience qu’elle donne, pour commencer, qu’il faut rompre avec l’acte de lire habituel. Cela m’a fait mal, mentalement mal, comme ferait un nez blessé. Il me fallait à la fois lâcher le sens et comprendre. Être dans le oui et le non. L’extraordinaire dans cet exercice d’écartèlement qu’exige (en tous cas de moi) ta poésie, c’est qu’il m’a fait découvrir que l’effort mental est toujours orienté vers l’abstraction, la conceptualisation, alors qu’il faut pour te lire, faire tout le contraire. Je t’assure que je n’avais jamais pareillement ressenti la nature de la précipitation poétique (bien que je la pratique aussi à ma manière). » Juin 95 : « Je suis très heureux de tes pages, de leur tranchant, de leur vivacité. En particulier de ceci : ‘Les poètes propagandistes font des paquets. Un jour, ils découvrent que la marchandise à expédier est avancée et se tuent.’ Éluard n’a pas fait cette découverte, mais, m’ont dit plusieurs de ses amis, il aurait pu se tuer s’il l’avait faite… Ton texte va heureusement miner le terrain. » Novembre 96 : « J’ai commencé à lire John Wiener, qui dit presque d’emblée : ‘I must unlearn what has been tangled me.’ Tout un programme, mais les yeux ont beaucoup de mal à ‘unlearn’, car leur savoir est instinctif. » Carte postale envoyée des États-Unis : « Bâton-Rouge est plein d’énormes chênes rouvres qui donnent envie de devenir druide. Miami, où je suis, me donne envie d’être ailleurs. Près de vous serait le meilleur, car j’y étais heureux. » La dernière lettre fait référence à l’état de santé d’Aragon, « toujours en suspens, comme une menace, un remords. » Bel ensemble, bon état.

ORMESSON (Jean d').

Correspondance avec Michel Bulteau.

10 lettres brèves, tapuscrites ou manuscrites sur papiers à entête ou cartes de visites, datées de février 1984 à décembre 1988. Correspondance relative à ses œuvres et à la publication de textes dans la Nouvelle revue de Paris ou à propos de l’ouvrage collectif Présence de Paul-Jean Toulet. Bon état.

PÉLIEU (Claude).

1981, L’Avant-futur programmé.

27 cartes manuscrites et illustrées (10/15,5 cm chaque) pour la revue de mail art Le Point d’ironie (créée en 1977 par Llys Dana). Différents protagonistes y sont tamponnés en bleu et numérotés par ordre d’apparition : personnages préhistoriques, pêcheurs, hommes-grenouilles, poissons, homards, poulpes, crabes, sous-marins, ratons-laveurs, chevaux, etc. Des commentaires manuscrits forment un long poème en prose : « Je vous l’avais dit cent fois. Dieu se noie dans le téléviseur. La survie de la planète ? A travers les bruits de la rue on entre dans la foule. On pince les fesses de la pensée et le vent s’engouffre dans la poche de l’aube, la terre mutilée qui supporte les mots qui rendent fou. Souvenir de vacances 80. A Honfleur il pleuvait encore plus tristement qu’ailleurs. En pensant à Carl Weissner et Dieter Roth, les rues de l’océan mêlées de sang et d’eau, bagatelles pour un massacre télévisé et Murnau, Jacques Cousteau, Ronald Reagan, George Bush, The Nixonoïds, sauve qui peut avant-dire, après-dire, comment dire. Métal punk Novöblitz, murs de chair de néon, smack hurlant terreur et parano, une idée en l’air. Cowboy alpha, le pape CIA KGB KKK, Doctor Death’s magic bullet, la grammaire du temps se brise, les étoiles filantes ont perdu leurs emballages multicolores. Les mirages sanglants de l’actualité naviguent. Les queues de comètes, l’ennui et la violence envahissent le temps qui reste. Méta-langage, collage décollage, mail art, échardes noires enroulées autour de nos langues. Le temps fluide, extatique et palpitante médiocrité. La violence règne au fond de la mer, produit civilisé. L’art c’est dans l’tiroir, fuck you Marcel Duchamp ! le homard marqué, la sale gestapo illustrée, la censure totale, les jours diminuent barbouillés de taches cannibales, des flics nus se paluchent sur les balançoires. Abonnée électrifiée, déchirures explosions tout se fond sur l’horizon froissé, monsieur Mitterrand Rastaquouère la majorité silencieuse moraleuse fanatique. Fanfare de chair. Balancez la colle ! Gigue culturée. La vie ressemble à un trait de valium, sanglots galactiques, nuits électriques, Gloria Lasso, Jean Dutourd, Professeur Typhus, J. J. Lebel, les filles de l’air traversent l’outre arc-en-ciel. Les enfants s’embrassent à bord de leurs sous-marins bleus pour couvrir les mers. Les dents de loup du printemps arrachent la peau de l’air. D’où vient ce regard pas tout à fait mort ? Le regard s’écoute , saison mentale. Moi j’sors de ma tête j’vous l’avais dit cent fois. Ce qui reste du général de Gaulle en canoë, effaçant les répressions barbares, bracelets d’ombre speedée. L’aléatoire, le dérisoire, les mégots, la loi, l’ordre, le provisoire, le culturel, les déboires en pensant à Cage Warhol Magritte, l’ombre le mystère, le bruit le silence. Continents ravagés par la normalité. Du suif dans la chair des mutants. The biological death machine, les rues-collages se sont mises à vivre pour nous, conjuguant l’histoire au jour le jour. Their nightmare was our dream – Abbie Hoffman. Acid trip, tous morts dans le bruit de vitre d’une génération, une drôle de vie, un drôle de drame. A perte de vue la violence dans une forêt de mots et d’images. Bons baisers de Floride R.A.S. Tout va bien. La baleine aux yeux bleus, nos yeux s’emplissent d’océan, les mots marchent dans leur délire. Claude Pélieu- Washburn le 27 juillet 1981. USA. Les doigts dans la tête j’pleure de rire j’fais les cent pas au Point du jour. »

Très beau poème mis en images, resté inédit suite à l’interruption de la revue en 1982. Bon état.

RAMEAU (Jean).

Remerciements, 2 nouveaux livres à paraître.

2 Lettres manuscrites autographes signées, vraisemblablement adressées à Émile Berr du Figaro, 1 p. « 13 rue de l’Arc de Triomphe. Mon cher confrère, voudriez-vous avoir la bonté de me corriger 2 lignes dans votre prochaine chronique des Lettres ? Je vais publier dans les premiers jours d’avril un roman pyrénéen (encore !) La Demoiselle à l’ombrelle mauve. Et dans les premiers jours de mai, un volume de contes en vers intitulé Les Fééries. Mille remerciements et cordiales pensées de Votre Jean Rameau. » 2ème lettre, sur papier à entête 13 avenue Mac-Mahon, 1 p. « Mon cher confrère, J’ai lu L’Écho. Merci pour votre aimable intervention. A bientôt. Votre reconnaissant Jean Rameau. »

REED (Jeremy), OWEN (Peter).

Correspondance d’édition.

26 lettres et cartes postales manuscrites signées adressées à Michel Bulteau, écrites à l’encre violette entre octobre 1994 et avril 1998 sur papiers de couleurs : projets de traductions et publications en France, évocations littéraires, artistiques, pécuniaires, mélancoliques… Quelques extraits, 16-X-94 : « Dear Michel, I think you and I have very similar tastes in music, literature, art, decadence – and life itself. I shall send you some of my books. Is there anyone in French publishing who would be interested in my book about Lou Reed ‘Waiting for the Man’ – which Picador will publish here in November ? » 20-XI-94 : « I want to thank you so very much for the Baron Corvo books, your essay and the marvelously explicit Venetian letters. I feel we are already good friends, and I’m looking forward to the time when we can meet. (…) I don’t know if you could encourage Du Rocher to look at my very individual book about Rimbaud, and perhaps at my homocratic novel ‘Isidore’ which is about another of my heroes : Lautréamont, our legendary Ducasse. And by the way I love Corvo’s exotic style and eccentricities. We share very similar tastes in our pantheon of the stars. I find it so hard to exist from writing. I’m hugely prolific, and I make almost no money. It’s terrible. But we do it for love of the imagination and to proclaim the great, the bizarre, the beautiful. Thank you for being. With love and starlight, Jeremy. » 28-XII-94 : « Here is the gift of my Lou Reed book for you, how I wish we could find a French publisher for it, and that you could be the translator. End of the year blues. I always find Christmas/new year particularly melancholy, so much work done, sadness accumulated – but still there’s a brilliance attached to the moment, and I’m always working on new books, pushing the imagination beyond frontiers. I send you gold stars ». S. d. : « I would be so grateful if you would try Du Rocher with ‘Isidore’. It is an extraordinary beautiful and unusual novel, and I don’t think there are any other novels on Lautréamont. Life would have been so much easier for me if I had been born French, all my heroes are the anarchic French poets. The wild imagination, vibrant with images. » 1-II-95 : « I hope all is well with you. There are little tints of spring in the air, and I have pink hyacinths in my room. Their languid scent Is intoxicating. My book about Lou Reed is handled by agents. If they prove problematic, I would sell the book personally to a French publisher, so that you could translate it. I’m desperate for some money at present. Surely some French publisher would wish a book on Lou Reed. I’m currently writing a book about Marc Almond, called ‘The Last Star’. He’s my favorite torch singer. » 23-I-96 : « I’m working on a novel about Elvis Presley, ‘Heartbreak Hotel’, and I’ve also been performing and recording with David J, who used to be in ‘Bauhaus’. I will send you some tapes. Is there any new of ‘Isidore’ ? Peter Owen’s very disappointed not to have heard. Please do let him know. We should do a reading in Paris, you and I, at a venue where we could use our respective musicians. Let’s think about it. Much love and starlight, Jeremy. » 28-I-96 : « How I know that topology of hallucinated madness – it fuels both our works – but the suffering is huge. Buddhist chanting helps me through the intimate hells. I went through a terrible breakdown in 1990. As your work is close to Michaux’s, I imagine you suffer deeply. » 3-III-96 : « Wonderful to receive your letter, and I haven’t forgotten ‘Flowers’ (de Michel Bulteau, un livre consacré à Warhol). I’m going to work at finding a publisher for you here. An independent. We may be able to interest Peter Owen in your work. He likes you a lot, and is coming back to Paris in May. » 15-VI-97 : « I’m busy working on new poems, essays, fiction, etc. The usual galaxy of creative energies. And I’m sure you’re writing too, working the imagination towards apocalypse. » ‘Invention d’Isidore Ducasse’ est finalement paru aux Éditions de la Différence en 1996. On joint 9 lettres tapuscrites signées de l’éditeur anglais Peter Owen sur papiers à entête, contemporaines à ces projets de publications. 5-IV-95 : « Jeremy Reed has advised me of your interest in ‘Isidore’ and that your publishers La Difference want to buy it. I am awfully pleased that you wish to take on this exceptional author. » Puis, 12-IX-96 : « Sorry we missed – I got your message that you could be late but I wonder if you went to the La Nouvelle Agence office ? Anyhow, I am sorry I missed you. La Difference have not paid the advance. Jeremy is upset. Mary and I are very annoyed. They are, of course, illegal if they try to publish without the advance. Could you explain this to them and of course, if they do not pay none of us will ever want to deal with them again. The whole thing is very bad publishing practice and it has gone on so long ! Thank you for your help. Sincerely, Peter Owen. » Bon état.

RICHEPIN (Jean).

Rendez-vous.

Lettre manuscrite a. s. inscrite au recto d’un double feuillet à l’encre noire, destinataire inconnu (21/13,4 cm). « Mardi, Cher ami, je suis à votre disposition, soit chez moi le matin, soit l’après-midi au Vaudeville, où je répète de une heure et demi à 5 et parfois 6 heures. Bien cordialement à vous, Jean Richepin. » Froissements sur la feuille.

RODO (Auguste de Niederhausern, dit).

A propos de Lélian (Verlaine).

Lettre manuscrite a. s. écrite à l’encre noire sur papier à lettre bleu pâle, 1 p. (13,5/18 cm). Sculpteur d’origine suisse (1863-1913), Rodo a notamment réalisé un buste de Paul Verlaine, inauguré au Jardin du Luxembourg de Paris en 1911. « Ce dimanche 28 juillet 1892, Mon cher ami, Mille merci de votre si amical télégramme. Je vous ai moi-même vite lancé une carte à Rueil quand j’ai su la bonne nouvelle. Je vous redirai donc encore une fois que tout l’honneur de cela rejaillira sur Lélian et de cela nous sommes tous heureux et fiers, n’est-ce pas ! Avec mes plus respectueux hommages à Madame et les meilleures choses pour vous, votre Rodo. »

ROSNY AÎNÉ (Joseph Henri Boex, dit J. H.).

Regrets et remerciements.

Lettre manuscrite a. s., 1 p. sur papier à lettre bleu pâle (13,8/17,8 cm). « Ferrière-en-Gâtinais (Loiret), Maison Forestier, le 28 juillet 1908, Monsieur et cher confrère, Excusez-moi : votre lettre m’a rejoint trop tard. Aujourd’hui les commentaires doivent être à peu près épuisés. Si j’avais été à Paris, j’aurais été très heureux de vous recevoir, ne fût-ce que pour vous serrer la main : j’espère que ce n’est que partie remise. Veuillez croire, Monsieur et cher confrère, à mes sentiments très cordialement dévoués. J. H. Rosny aîné. »

ROSNY AÎNÉ (Joseph Henri Boex, dit J. H.).

Remerciements.

Mot manuscrit a. s. sur carte lettre adressé à Émile Berr, posté le 14/7/1913 de Royat (Puy de Dôme), 1 p. (11,2/14,5 cm). « Excusez ce papier postal, je n’en ai plus d’autre pour vous adresser mes plus cordiaux et plus reconnaissants remerciements ! De tout cœur, H. H. Rosny aîné. »

RÉGNIER (Henri de).

Précisions.

Carte-lettre manuscrite a. s. adressée à Émile Berr au Figaro, postée le 13. V. 1921, 1 p. (16/11,8 cm). « 12 mai 1921, Cher Monsieur, Mme de Régnier a bien reçu le volume de Mme Myriam Thélem et de Mle Marthe Bertheaume et après l’avoir lu avec beaucoup d’intérêt, elle l’a prêté sans pouvoir se souvenir à qui. Quand le volume lui sera rendu, je le lirai bien volontiers et si je peux lui faire prendre place dans mon feuilleton, ce sera avec plaisir, mais le caractère de ce feuilleton même m’oblige à bien des omissions... Croyez, Monsieur à mes sentiments cordiaux et dévoués. Henri de Régnier. (Ce dernier dirigeait le Feuilleton La Vie littéraire du Figaro de 1919 à 1936.)

TAILHADE (Laurent).

A propos d’Émile Zola.

Lettre manuscrite autographe signée, destinataire non identifié, 4 pp. (12,5/17 cm). « 2 janvier 09. Mille fois merci, cher ami, pour votre Zola que lu tout d’une haleine avec un plaisir infini. C’est un livre documenté, vigoureux et qui malgré peut-être une exagération d’enthousiasme, contient et résume tout ce qu’il faut penser touchant l’auteur des Rougon-Maquart. Mais que vont penser de vous les jeunes et les vieux apaches du nationalisme qui font éructer leurs solécismes ou leurs revolvers contre la noble image de Zola ? Vous avez montré la plus haute franchise et le plus fier courage en écrivant ce bel et dense in-octavo. Les gens qui osent ce qu’ils pensent méritent dans le monde où nous vivons, d’être glorifiés sans réserve. Je vous tends les mains et me sens, une fois de plus, infiniment glorieux de me dire votre ami. Vos souvenirs sur quelques points de détail ne sont pas exacts. Par exemple, dans le dîner chez Gervaise (L’Assommoir), ce n’est pas un gigot que Poisson découpe mais une oie. Gervaise, avant de se mettre à table donne des détails sur la bête, qu’elle a achetée au marché des Poissonniers, qui pèse 12 livres, qui a déjà rendu 2 bols de graisse, etc., etc. Plus tard, dans la nuit, quand toute la tablée est soule, tandis que ronflent les ivrognes, un chat fait craquer sous ses dents fières la carcasse de l’oie. Vous voyez que je vous ai lu attentivement. Je voudrais causer avec vous. J’ai à vous demander un conseil, peut-être un service. Vous plairait-il choisir un jour où nous pourrions nous trouver dans Paris. Une lettre portant la date du deux janvier doit apporter offrir des souhaits de bonheur et de gloire. Tous les miens à vous, mon cher ami. Mes deux mains, Laurent Tailhade, 83 rue l’assomption (16è). »

VALAORITIS (Nanos).

6 lettres et cartes postales à Michel Bulteau, dont 1 enrichie au collage.

« (…) J’ai vu (Harold) Norse, il paraît content. La télévision l’avait contacté pour une interview, mais quand son français s’avéra un peu chancelant, on l’a oublié, croit-il. (…) Merci pour les phrases poétiques. Elles m’encouragent à faire face à la réalité monstrueuse… J’ai aussi une traduction anonyme de 1869-70, de ‘La Papesse’. Peut-être serait-elle intéressante à voir. » Autres lettres : préparatifs pour un catalogue d’exposition à Beaubourg consacré aux surréalistes Grecs, remise des poèmes d’Adeline à Nancy Peters en vue d’une parution chez City Lights Books, projets de publication des poèmes de Michel Bulteau dans la revue franco-grecque Synthèses, évocation d’un livre consacré à la beat scene : Lamantia, Corso, Ted Joans, Taylor Mead, Ferlinghetti, etc. « une époque qui fut très riche du point de vue poétique et anthropologique. Au fond, on vit toujours sur cette époque de grande expansion et de vitalité – les années 60. » Bon état.

VANILLA (Cherry).

Ziggy’s Papers, correspondance préparatoire à l’édition des chroniques hebdomadaires de Cherry Vanilla pour le magazine Mirabelle, publiées en 1973 sous le nom de David Bowie.

Dossier comprenant 62 pp. de mails et fax en anglais, imprimés au format A4, la plupart envoyés par Cherry Vanilla à Michel Bulteau pour les préparatifs du livre, paru chez Hachette Littératures en 2002. Actrice dans Pork en 1971, la première pièce d’Andy Warhol, jouée au LaMama Theater de New York, Cherry Vanilla (née Kathleen Dorritie) anime des lignes de téléphone rose, des soirées en discothèques, avant de travailler pour David Bowie, qui lui confie donc sa rubrique hebdomadaire pour le magazine britannique Mirabelle. Elle forme plusieurs groupes de rock/punk, produit des émissions de télévision et de radio, interprète quelques rôles au cinéma (notamment dans Let’s Get Lost en 1988) et publie Lick Me en 2010. Quelques extraits, 24-IX-02 : « You mean to make a book out of the Mirabelle Diaries ? Oh my God, I wrote those things in minutes, in the middle of all the chaos of those Bowie early days, when I ran the office, did the PR, whatever had to be done. But they are quite funny and sweet, and especially now that Bowie has publicly admitted that it was me who wrote them… Kisses, Cherry V. » 29-V : « Do they just want to pay $ 2, 000 total, or also some kind of royalty on sales ? How much will each book be sold for ? How many will be printed ?, what about the rights for other languages, countries? Who copyright under ? Will it be sold on a special website ? » 05-X-02 : « As for introduction, it would be great if we could get Bowie to write it, commenting in good humor as he does on the web. » 22-XI-02 : « Thanks so much for the proof of the book. It’s so great to hold it and flip through it. I can’t wait to see the finished product. The title looks great. And I received the contract signed. Then I guess there will be $ 1,000 going to my bank soon and another $ 1,000 in January. Hope we will sell lots of books and make more money! » Bon état.

VOSTELL (Wolf).

Carte postale adressée à l'éditeur Raphaël Sorin (nu féminin bétonné).

« Querido Raphaël, espero que nos veamos pronto. Unas abrazos fuertes para ti y los Tuyos. Wolf, 5. 1. 93. ». Bon état.

Co-fondateur du groupe Fluxus avec Nam June Paik et George Maciunas en 1962, Wolf Vostell (1932-1998), a été l’un des premiers artistes à expérimenter l’installation, le happening ou l’art vidéo. Réinventeur de la formule Art = Vie, il a pratiqué le décollage, le balayage pictural, la sculpture, le déréglage et le parasitage électroniques, l’encastrement dans le béton, le détournement des grands fleurons de l’industrie et de la consommation.

VOSTELL (Wolf).

Carte postale adressée à l'éditeur Raphaël Sorin (Marilyn Monroe) avec coupure de presse espagnole collée au scotch (1993)

« El ‘ultra’ Le Pen dice que el arte contemporaneo es una ‘farsa siniestra’. » Salutations en marges.

Co-fondateur du groupe Fluxus avec Nam June Paik et George Maciunas en 1962, Wolf Vostell (1932-1998), a été l’un des premiers artistes à expérimenter l’installation, le happening ou l’art vidéo. Réinventeur de la formule Art = Vie, il a pratiqué le décollage, le balayage pictural, la sculpture, le déréglage et le parasitage électroniques, l’encastrement dans le béton, le détournement des grands fleurons de l’industrie et de la consommation.

VOSTELL (Wolf).

Lettre manuscrite sur papier à entête du Museo Vostell à Malpartida de Caceres en Estrémadure adressée à Raphaël Sorin.

« 6/4/80, Estimado amigo Raphaël, me han gustado muchos tus saludos a traves de la galeria Bama. no he olvidado que tu me entrodustes a ella hace muchos anos en Paris. Justement dans le dernier temps j’ai travaillé sur une chronologie vidéo de moi. S’il y a encore le temps, je l’apporterai chez toi fin mai à Paris. Sinon dis-moi quelques mots ici et je te l’enverrai. J’espère que tu vas bien et ta famille aussi, que je peux dire de nous : PAIX et ARTS. Un abrazo fuerte. » Bon état.

Co-fondateur du groupe Fluxus avec Nam June Paik et George Maciunas en 1962, Wolf Vostell (1932-1998), a été l’un des premiers artistes à expérimenter l’installation, le happening ou l’art vidéo. Réinventeur de la formule Art = Vie, il a pratiqué le décollage, le balayage pictural, la sculpture, le déréglage et le parasitage électroniques, l’encastrement dans le béton, le détournement des grands fleurons de l’industrie et de la consommation.

WALDBERG (Michel).

Lettre à Michel Bulteau (octobre 1996).

1 p. autographe manuscrite signée. « Un peu tard : mais je tenais à te remercier de m’avoir donné à voir ‘Le Monde en face’. Ce sont de belles variations sur le thème de l’Amour fou. Cela permet de prendre du recul, d’en sortir peut-être et de se voir restituer les paradis presque perdus. Je songe à une littérature modérément albigeoise ou cathare – à une utopie de l’amour si efficacement à rebours qu’elle se sublime en amour sublime. Peut-être se verra-t-on un de ces jours… » Bon état.

WILLETTE (Adolphe).

Remerciements.

Carte manuscrite autographe signée adressée à Edmond Lepelletier. « 28 rue Lacroix 17è. Mon cher Edmond Lepelletier, vous le voyez, vos souhaits, vos efforts si fraternement (sic) donnés en faveur de ma décoration se sont réalisés, ont abouti au jour d’aujourd’hui ! Tout arrive quand on a des amis qui luttent, qui ont toujours lutté avec vous. Je n’ai pas oublié dans le malheur, je n’oublie pas dans le bonheur. Je vous serre la main de tout cœur. A. Willette. Veuillez me rappeler le dessin que vous désiriez et que je n’ai pu faire en temps et lieu ? »

WILLY (Henry Gauthier-Villars, dit).

Mot.

Manuscrit autographe signé adressé au journaliste Émile Berr sur papier à lettre bleu à en-tête, 1 p., s. d. (15,8/11,4 cm). « Vergiss mein nicht, Remember, Memorare. Paris, Willy. »