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ADAM (Juliette).

A propos de L’Enterrement d’une étoile et de Victor Hugo.

Lettre manuscrite autographe signée sur papier à en-tête de La Nouvelle revue, adressée au journaliste Émile Berr, 2 pp. (13,5/21 cm). « Paris, le 23 avril, Mon cher Berr, je publie dans le numéro 1er mai une nouvelle admirable d’Alphonse Daudet : L’Enterrement d’une étoile, puis un non moins beau prologue de A. Vaquerie Warwick cher Louis XI, inédit prologue de la nouvelle édition de Formosa. Comme les droits de reproduction sont interdits, je vous prie de n’en pas publier d’extraits, mais vous me feriez grand plaisir en en parlant mercredi dans la XX des lettres. Je vous parlerai, pour l’autre numéro de la revue, de la publication inédite que je fais de pages superbes de Victor Hugo. Mille sympathies, Juliette Adam. » On joint un mot manuscrit inscrit sur une carte de visite à l’encre noire (6,8/10,5 cm). « [Madame Adam (Juliette Lamber)] recevra de quatre à sept heures dimanche du sept mai au dix huit juin à cinq heures : ‘causerie’. De cinq à six heures les portes seront fermées dans le « salon où l’on cause ».

BERGERAT (Émile).

Reproches.

Carte-télégramme manuscrite signée adressée au journaliste Émile Berr au Figaro (13,1/7,5 cm). « 19 mai 95, Mon cher Berr, Ma lettre est partie hier soir et j’ai reçu la vôtre ce matin. S’il n’y a pas ‘l’animosité’ que vous dite, pourquoi donc mon nom n’est-il même pas prononcé dans la note de ce matin ? Elle était là, la preuve, la bonne preuve !! Celle qui démontre. Mille amitiés : volées, Émile Bergerat. »

COLLECTIF (Révolution de 1848).

Les Murailles révolutionnaires, collection complète des proclamations, professions de foi, affiches, bulletins de la république, fac-simile de signatures (Paris et les Départements). 14ème et nouvelle édition.

Paris, J. Bry Aîné Éditeur, 1856. 2 tomes en 1 vol., demi-chagrin rouge, dos orné de caissons, titre entouré d'un filet, fleurons composés de tambours, épées et canons aux angles, 956 pp. imprimées sur papier fin, pages de titres illustrées en couleurs par Nadar, nombreux placards reproduits dans les tons roses ou jaunes pastel. Le titre annonce les « portraits des membres du Gouvernement Provisoire, des principaux chefs de clubs, des rédacteurs et gérants des premiers journaux de la révolution », mais ils sont manquants, comme souvent. Bel exemplaire, bien relié.

COPPÉE (François).

Démenti.

Lettre manuscrite a. s., 1 p. écrite à l’encre noire sur papier à lettre (11,4/18 cm). « Vendredi. Mon cher ami, voici une lettre que nous avons reçu à l’Académie. Notre secrétaire perpétuel me l’a montrée prudemment, et j’ai cru pouvoir lui dire qu’elle n’était pas de vous, n’ayant pas reconnu votre écriture. Je vous renvoie cette lettre, à titre de renseignement. Votre vieux camarade, François Coppée. »

COURTELINE (Georges).

Défection à un spectacle.

Lettre manuscrite autographe signée, 1 p., vraisemblablement adressée au journaliste Émile Berr du Figaro à propos d’un spectacle donné par son frère George berr. « Mon cher confrère, Si nous avons disparu si vite de la soirée de samedi, c’est que Mme Berty relevait de coucher, qu’elle s’était levée pour venir jouer, et que, naturellement, je tenais beaucoup à ce qu’elle ne regagne pas son lit à une heure trop tardive. Pour mon compte, j’ai fort regretté de n’avoir pu rester jusqu’à la fin, car j’aurais voulu applaudir la petite comédie de votre frère, qui est un peu mon ami. Il paraît qu’elle est charmante. Tous mes compliments à l’auteur . Mr de Bodrys n’avait pas à nous remercier, quelle plaisanterie ! Le Figaro étant une maison d’artiste, est par conséquent une maison amie. Mme Berty se nomme Suzanne ; M. Gémier se nomme Firmin. Bien à vous G. Courteline. La Peur des coups est éditée chez Charpentier. »

DAUDET (Alphonse).

A propos de Baptiste Bonnet.

Lettre manuscrite a. s. adressée à Émile Berr, s. d., 1 p. (15,7/9,8 cm). « Cher Monsieur, Je vous renvoie les épreuves de Baptiste Bonnet ; j’ai fait à l’en-tête deux ou trois petits ajouts, il ne m’a pas paru utile d’en dire plus long. Voyez du reste, et faites à votre idée. Je vous remercie de n’avoir pas oublié sur les marches ce joli tableau d’un noël paysan. Alph. Daudet. »

Les œuvres de Baptiste Bonnet, auteur provençal, furent traduites en français par Daudet.

DUMAS Fils (Alexandre), COURBOIN (Eugène).

Un cas de rupture.

Paris, Ancienne Maison Quantin, 1892. In-4 br. couverture grise illustrée rempliée avec 3 cartouches reprenant les images du livre dans une composition en pèle-mêle, chemise rouge et noire japonisante de l'éditeur à motifs de vagues imprimées en relief, traversée en V par 2 rubans de satin grenat insérés dans les deux plats, l'un pour le titre et l'autre pour l'auteur, inscrits en calligraphies dorées, 98 pp. Très belle édition illustrée par 103 dessins d'Eugène Courboin, reproduits en héliogravure et en différents tons. Tirage numéroté sur vélin, bel état.

Une réussite éditoriale, dont la mise en page intègre le texte et les illustrations dans une succession de tableaux différents.

FEYDEAU (Georges).

Inquiétudes.

Lettre manuscrite a. s. à un destinataire inconnu, 1 p. pliée en 3, remplie au recto, un peu déchirée (11,4/18 cm). « Il ne m’est pas possible de fournir aucun compte. Je ne peux même pas indiquer les mois et les années. Je n’ai pas besoin de te recommander d’agir avec la plus grande circonspection possible. Tâche que la chose ne s’ébruite pas, qu’elle ne fasse pas de scandale. Enfin, viens me voir le plus tôt que tu pourras. Tu me feras un grand plaisir si tu peux m’amener ton ami le directeur des XX du passage de l’opéra. Je te serre la main d’amitié. G. Feydeau. »

GONCOURT (Edmond et Jules de).

L'Italie d'hier, notes de voyages 1855 – 1856. Entremêlées des croquis de Jules de Goncourt, jetés sur le carnet de voyage.

Paris, L. Conquet, 1894. In-4 br., 287 pp., couverture rempliée imprimée en parchemin. Ex. numéroté sur Japon. Avec 48 croquis en noir dans le texte Et 5 aquarelles hors-texte (dont 3 en doubles pages). Édition originale de ce journal de voyage, publiée par Edmond après la mort de Jules en 1870. État correct (la couverture se détachant un peu).

HOUVILLE (Gérard d’, pseudonyme de Marie de Régnier).

Les Arbres.

Manuscrit autographe intégral d’un superbe texte rédigé en prose, titré au début et signé à la fin, 12 ff. inscrits au recto à l’encre noire, arrachés d’un bloc d’un cahier et paginés en haut à droite (18/23,2 cm). « Les Arbres. J’ai sur ma table un petit livre qui s’appelle ‘Aimons les arbres’. C’est un recueil de morceaux choisis à l’usage de la jeunesse des enfants que Monsieur Louis Piérard a publié avec une fort belle préface de Verhaeren. Ce livre est destiné à apprendre aux enfants à aimer et admirer la nature, à chérir, à respecter les plantes, les fleurs et les arbres. Or combien de grandes personnes XX ! à combien d’impitoyables coupeurs de futaies ne pourrait-on pas l’adresser ! Je doute cependant qu’il intéresse ceux-là qui n’aiment pas déjà les ombrages, les frondaisons mouvantes et profondes, les feuillages amis ; ce livre ne les convertira pas tous et sera peut-être repoussé par eux, cependant que tous ceux-là qui n’auraient pas eu besoin de lui pour comprendre la beauté des chênes, des châtaigniers, des ormeaux ou des sycomores liront et reliront avec le plus vif plaisir les pages de vers ou de prose sur lesquelles semble se balancer l’ombre imaginaire et changeante d’un bienveillant rameau. Nous trouvons dans ce petit livre tour à tour de belles phrases nourries et rythmée de M. Barrès, des stances pompeuses et mélancoliques de M. Moréas, le beau sonnet de J. M. de Heredia ‘Le Dieu Hêtre’ et des vers de Vigny, de Verhaeren, d’Hugo, de Mikhaël, de Verlaine et de Lamartine, du vieux et cher Ronsard, de Du Bellay, de Signoret et d’Henri de Régnier sans oublier ce murmurant et triste long poème de Dierx ‘Les Filaos’. Nous y trouvons des fragments de prose de Jules Renard et de Lamartine, de Chateaubriand et de Ch. Maurras, de Michelet et de Maeterlinck, de Mme de Sévigné et de Colette Willy, de Taine et de Marcel Boulanger, de P. Loti et de J. L. Vaudoyer. On le voit ce petit bouquin est d’un éclectisme qui ne le rend que plus varié et plus agréable à lire. Je regrette néanmoins qu’à côté du Faune mort de Gilbert de Voisins on n’ait pas ajouté la description du grand cèdre que l’on trouve dans son dernier roman, ce ‘Bar de la Fourche’ si farouchement, si simplement horrible et beau. Je regrette aussi que l’on n’ait pas cité quelques pages d’Henri de Régnier sur Versailles à l’automne ‘la Semaine des arbres’ et enfin que Monsieur Piérard, duquel nous lisons au cours de ce volume, des lignes touchantes ou utiles n’ait pas eu l’idée de nous donner la triple description de la forêt de Fontainebleau faite par Taine dans le cours de sa correspondance, par Flaubert dans l’Éducation sentimentale, par Goncourt dans Manette Salomon. Enfin, puisque nous trouvons quelques pages de XXX, pourquoi ne pas nous offrir aussi cette étonnante description de l’allée de chênes de Cedric de Motherwood dont Walter Scott au commencement d’Ivanhoé étend la splendeur sombre, mystérieuse et touffue, et sous l’épaisseur secrète et verdoyante de laquelle les songes adolescents ont si souvent erré ? Et il doit y avoir encore bien d’autres descriptions végétales et forestières que je ne connais pas ou desquelles en cet instant je ne me souviens pas. Elles pourraient composer un second volume de cette anthologie, et on pourrait peut-être plus tard en faire une nouvelle et grande édition, illustrée par des reproductions de tous ces tableaux célèbres dont les personnage s sont des arbres plus ou moins illustres, toujours beaux. Dans notre mémoire fidèle ne gardons-nous pas avec le souvenir de nos amitiés les plus chers, celui des beaux paysages, des fleurs délicieuses, des nobles arbres que nous avons vus, admirés, aimés ? Le foisonnement des hauts peupliers bordant un canal monotone ne s’est-il pas mêlé à quelque douce ou mélancolique rêverie, ou à quelque causerie lente et mesurée comme cette eau longée d’un pas égal ? Quand nous retrouvons au fond de nous cette heure lointaine, la couleur du ciel et son reflet dans le canal étroit et la silhouette des peupliers et leur bruissant murmure y sont liés indissociablement. Aussi, tout au long de notre vie, le souvenir des êtres, des évènements, heureux, familiers ou tristes est pour toujours étroitement mêlé à celui des lieux où nous avons passé ou vécu, des jardins et des demeures que nous avons habitées, des sites que nous avons traversés et qui nous ont ému autant que certains visages vivants ou que certains tableaux immortels. Quand nous songeons à nos voyages, ne repensons-nous pas autant qu’aux monuments, aux palais, aux statues, aux fresques, aux trésors divers des villes et des musées, à certains aspects de la nature qui se sont alors pour toujours imprimés en nous ? Grandes landes bretonnes Hauts pins maritimes, dressant sur le ciel et sur la mer votre stature robuste à la cime élargie, vous êtes pour toujours dans ma mémoire et vous marquez les étapes de mes rêves unis et fleuris d’enfant comme vous marquiez celles de la longue promenade à travers les landes bretonnes… Beaux bois de Douarnenez, si profonds et si verts, descendez-vous toujours de branches en branches jusqu’à la baie courbe harmonieuse de la mer paisible ? Vallées de Penmarc’h, a-t-on respecté vos séculaires ombrages sous lesquels s’abritait le granit gris des croix ? Au fond du plus lointain de mes souvenances enfantines, quelques vieux arbres étendent leurs rameaux divers : c’était dans le grand jardin d’une vieille maison quelconque louée pour l’été. Ces trois arbres m’enivraient. Il y avait d’abord un sophora dont les branches retombaient jusqu’à terre, formant ainsi une sorte de tonnelle naturelle sous laquelle je passais de longs moments comme dans une petite maison verte, une cabane sauvage, et où l’on imaginait sans efforts les plus belles aventures. L’autre était un catalpa : ses larges feuilles me plaisaient et surtout son tronc sonore ; le troisième était un sycomore admirable, dont la robe d’automne fut vraiment royale et dont je ramassais les feuilles tombées pour faire des bouquets éclatants. Un immense chêne de la forêt de Marly, si vénérable, si noueux, au tronc colossal et couvert de mousse, et sous lequel on nous mena quelque fois goûter, partage avec ces arbres mes premières prédilections. A chaque fois que je relis ou me répète cette phrase des ‘Caprices de Marianne’ : ‘ A dieu les longs soupers à l’ombre des forêts…’ je pense au chêne de la forêt de Marly, à la mousse veloutée, aux flancs enflés du panier rempli de choses succulentes, à tout ce qui paraît meilleur, plus étonnant et plus savoureux parce que l’on est petit. Et je pense à vous chaque fois que ma pensée vagabonde à travers mes anciens voyages, citronniers de Capri luisants et parfumés, oliviers de Tivoli qui cachez dans vos tenues des sylvains tourmentés et de souples dryades, et à mes cyprès séculaires de la villa d’Este et du jardin Giusti, aigus comme des dagues noires, à vous cyprès des cimetières turcs, cyprès d’Eyoub et de Scutari, effilés comme de longs pinceaux, prêts à tracer des épitaphes. Je pense aux ‘chênes vivants’ de la Nouvelle Orléans, aux chevelures des longues mousses s’emmêlant aux lianes et aux branches dans ses humides forêts, à vous platanes démesurés qui dans Brousse la sainte abritez les mosquées turbes, à vous grands camélias du cimetière anglais de XX, qui effeuillez sur les tombes vos fleurs blanches et framboisées et qui mêlez ainsi toujours dans votre longue offrande funéraire les couleurs des fruits et du lait. Je revois le pin solitaire qui domine un vieux mur romain qui s’écroule de son orgueil tenace ; je revois les rouvres admirables de la villa Lante, qui sont groupés à l’entrée du parc comme les arbres des tableaux de Watteau. Bouleaux d’argent qui frémissez dans les clairières d’un bois dont je ne sais plus le lieu, charmes au nom charmant, tilleuls aux graines ailées, robustes châtaigniers de France, vous vous mêlez dans mes songes aux feuillages des pays étrangers et vous composez ainsi une forêt profonde, imaginaire et variée qui hantent au lieu de biches, d’écureuils et de petits lapins, des rêves et des souvenirs sans nombre. Tous les printemps de Paris sont marqués par la floraison du magnolia des Champs-Élysées et des petits arbres de Judée, avenue du Bois ; et il y a aussi le marronnier du vingt mars, mais je lui préfère celui, si vieux, qui abrite aux Tuileries un banc près du premier bassin ; j’aime aussi les arbres de la terrasse au bord de l’eau lorsqu’ils reverdissent : les premières feuilles sont si pâles, si pâles sur leurs troncs si noirs ! D’ailleurs j’aime les arbres de Paris, les vieux beaux arbres qui longent par endroits la Seine près du Louvre, autant que les maigres peupliers de banlieue du côté de Boulogne-Billancourt. A Venise, une glycine qui penche, une branche qui dépasse un mur, prend aussi encore plus que dans n’importe quelle ville, cet aspect à la fois chétif et précieux, évocateur des frères heureux et robustes vivant dans les bois, les prés et les forêts. Oui j’aime aussi les arbres des villes ; ils ne me font pas oublier certes, les vieux hêtres de ce bois sacré de la Sainte Beaune, ni les ormeaux auxquels se suspend la vigne italienne, ni ces beaux arbres dont la forme et la stature dessinées sur quelque soleil couchant au hasard d’une promenade dans la campagne, revivent en nous avec leur dessin exact, noir ou pourpre, ben que nous n’ayons pas même eu le temps de reconnaître leur espèce et de leur donner un nom. Mais il y a à Paris des arbres qu’on aime parce qu’on les a toujours vus, parce qu’ils ont des airs d’exilés. N’aimez-vous pas le vieux cèdre du Jardin des Plantes ? Il me fait penser à pareils qui vivent dans une abbaye très aimée comme des moines verts et gris ; celui du jardin des Plantes est toujours rempli de pigeons ; leurs plumes et leurs duvets volent dans les branches qu’emplit un roucoulement innombrable… et l’on pense que Chateaubriand La sénilité robuste du vieux cèdre s’accommode d’abriter ces tendresses ailées… et l’on songe que Chateaubriand s’est peut-être assis sur ce banc à côté d’Hortense Allart, et qu’ils ont écouté à l’ombre des mêmes branches, d’autres ramiers. Tous les automnes, nous allons, n’est-ce pas à Versailles en pèlerinage, voir les arbres en habits de cour ? C’est une journée éblouissante, une journée à laquelle d’avance, nous pensons, car nous sommes de ceux-là qui aiment les arbres. Au début de l’anthologie dont je vous parlais plus haut, on lit ceci, signé de M. Barrès : ‘ L’humanité s’est beaucoup privée en ne croyant pas les plantes susceptibles d’affection. Il fallait nous faire à leur endroit l’illusion que nous nous nous sommes composée sur les bêtes…’ Et il rapporte ensuite l’anecdote de Xerxès, chargeant un bel arbre de bracelets et de colliers… Combien M. Barrès a raison ! Il faut non seulement aimer les arbres, mais croire qu’ils nous aiment. Je crois cela depuis que je suis enfant. Je sais que je suis aimée par les fleurs autant que je les aime. Elles se fanent moins vite dans mes mains ou à ma ceinture qu’au corsage de mes amies ; mes bouquets ne veulent pas mourir. Et je garde longuement des fleurs qui, chez une autre, étant l’objet des mêmes soins, prolongeraient moins leur vie. Quand j’étais petite je nouais mes bras autour du tronc des arbres qui me plaisaient et j’appuyais ma joue sur la rude écorce, m’imaginant que j’entendais battre leur cœur. Oui je veux croire qu’entre les êtres et les plantes, l’humanité et les choses, il y a un secret échange de tendresse ou d’hostilité inexprimée, de même qu’il peut aussi y avoir de l’hostilité. Aimons les arbres ; et souhaitons que plus tard, sur nos tombeaux muets, nos tombeaux immobiles, s’éternise, protectrice et mouvante, l’ombre d’un arbre, rempli d’oiseaux. Gérard d’Houville. » Bon état général.

MAQUET (Auguste).

Recommandation pour une servante.

Lettre manuscrite a. s. sur papier au chiffre, adressée à une inconnue, 3 pp. (11,4/17,8 cm). « Ste Mesme, 13 novbre, Madame, la cuisinière aimée Chepreaux a servi, en effet chez moi du 2 février 1882 au 9 novbre dernier. Elle m’a soigné avec zèle dans une sérieuse maladie ; elle fait une cuisine très suffisante, elle ne manque ni de propreté, ni d’une certaine économie et je n’aurais que du bien à dire d’elle, si, depuis un an et demi, son caractère déjà difficile ne s’était aigri jusqu’à causer dans ma maison du trouble et même des orages. Son humeur inquiète et sa langue dangereuse l’avaient brouillée avec mes plus anciens et éprouvés serviteurs, c’était la guerre en permanence. Elle ne rêvait que de sorties, dévotions (je ne l’en blâme pas) mais aussi confréries, conciliabules ; son jugement s’altérait ; partout des complots, des persécutions … une noire manie. Mon service en souffrait trop, j’ai dû me séparer d’elle. Peut-être chez vous , madame, à Paris qu’elle aime passionnément, se trouvera-t-elle plus calme et réussira-t-elle à vous satisfaire. Je le souhaite et vous prie, Madame, d’agréer l’assurance de mes sentiments distingués. A. Maquet. » Restaurations avec bandes de scotch aux plis.

MENDÈS (Catulle).

Épreuves.

Lettre manuscrite a. s. sur papier à lettre, 2 pp. (11/17,5 cm). « Mon cher confrère, il m’est tout à fait indispensable (car il s’agit d’un XX technique) de revoir les épreuves de ma XX. Voulez-vous être assez aimable pour les faire donner ou porter. Je vous les renverrai . Merci, Catulle Mendès. » Bon état.

MENDÈS (Catulle), FRAIPONT (Gustave).

Les Îles d'Amour.

Paris, Bibliothèque des Deux Mondes, L. Frinzine & Cie Éditeurs, 1886. In-4 br., couverture imprimée en lettres dorées, 85 pp. Édition originale illustrée par 6 eaux-fortes et 38 compositions en noir de Gustave Fraipont. Tirage à 1040 ex. numérotés, un des 1000 sur papier vergé, signé en rouge par l'éditeur. Bon exemplaire, quelques marques d'usure. (Talvart et Place, 33.)

PAULHAN (Jean).

A demain la poésie.

Paris et Lausanne, Éditions de Clairefontaine, 1947. In-4 br., couverture imprimée en rouge et noir, Édition originale, un des 300 ex. de tête, non numéroté, sur vélin pur chiffon à la forme des papèteries de Docelles. Petits chocs sur la couverture (un peu insolée) sinon très bon état.

POUCHKINE (Alexandre Sergueievitch).

Œuvres choisies, traduites pour la première fois en français par H. Dupont.

Saint-Pétersbourg, Bellizard et Cie, éditeurs de la Revue étrangère, Paris, au Comptoir des imprimeurs unis, 1847. 2 tomes réunis en 1 vol in-8, demi-cuir de Russie rouge vif à coins, dos lisse orné de fleurons et encadrements dorés, pages de faux titre restaurées, pages de titres et couvertures du tome 2 conservées, 400 et 386 pp. (reliure moderne à l’imitation romantique) Rare édition originale de la première traduction en français des œuvres de Pouchkine, établie par H. Dupont, attaché à l’Institut des voies de communication de St-Pétersbourg et contenant, entre autres, Eugène Oniéguine et Boris Godounov. Exemplaire correctement relié à l'imitation, mais modeste et rogné. Seules les couvertures du tome 2 ont été conservées.

QUATRELLES (Ernest LÉPINE, dit). DORÉ (Gustave).

Le Chevalier Beau-Temps.

Préface d'Alexandre Dumas Fils. Vignettes de Gustave Doré. Paris, Typographie de A. Pougin, (1870). In-8, XV, 110 pp., pleine toile de l’éditeur, dos lisse. Édition originale et premier tirage des illustrations de Gustave Doré. Ouvrage illustré d'un frontispice et de 9 vignettes, soit 10 dessins gravés sur bois. (Vicaire V, 216. Carteret III, 380). Bon état.

SAND (George), JOHANNOT (Tony).

Romans champêtres. La Petite Fadette, La Fauvette du Docteur André, La Mare au diable, François le Champi, Promenades autour d'un village, précédé d'une étude sur les romans champêtres par P. J. Stahl.

Paris, Hachette et Cie - Collection Hetzel, 1860. 2 vols in-4 reliés, demi-chagrin noir à nerfs et caissons dorés, titres entourés de filets, plats en percaline noire, tête or, 314 et 343 pp. Illustré par 38 planches hors-texte en noir de Tony Johannot. Un volume au dos légèrement frotté, quelques marques d'usure ça et là, mais bon exemplaire.

STEINLEN (Théophile Alexandre), ZOLA (Émile).

Le Journal publie Paris par Émile Zola, 5 Centimes.

Très belle et rare affiche originale en couleurs imprimée en lithographie au format 137/194 cm (imp. Charles Verneau, Paris, 1897). Entoilée. Assez bon état (quelques signes d'usure).

Troisième volet du cycle des Trois villes (avec Lourdes et Rome), grande fresque romanesque, religieuse et sociale publiée peu après les Rougon-Macquart, Paris fut lancé dans Le Journal d’octobre 1897 à février 1898 en pleine affaire Dreyfus. On distingue au centre la Basilique du Sacré-Cœur, point culminant de la capitale, construite entre 1875 et 1891 sur souscription publique et vœu national « pour expier les crimes de la Commune de Paris. »

UZANNE (Octave), AVRIL (Paul).

L'Ombrelle, le Gant, le Manchon.

Paris, A. Quantin, Imprimeur-Éditeur, 1883. In-8 relié, demi-chagrin marron à coins, dos orné de caissons et motifs floraux entourés de guirlandes, titre encadré par un filet doré, tête or, gardes de papier à la cuve, couverture illustrée dans le goût du XVIIIème siècle avec décors chromolithographiés sur fonds vert et doré, 138 pp. Édition originale achevée d'imprimer le 15 novembre 1882, entièrement illustrée en camaieu, en plusieurs tons et en taille-douce par Paul Avril. Ex-libris tamponné en bleu sur le faux-titre ("A. Solié"). Tirage sur papier vergé. Bel exemplaire, bien relié.